Les États‑Unis et la Chine se disputent chaque technologie stratégique de ce siècle, et l'informatique quantique est le prochain front. Les ordres de grandeur donnent le vertige : en 2025, les investissements mondiaux dans le secteur ont dépassé 10 milliards de dollars, avec à la clé des dizaines de milliards de dollars de dépenses cumulées sur la dernière décennie.
Washington et Pékin concentrent ensemble la majorité des financements publics, transformant ce domaine en enjeu de souveraineté autant qu'en course technologique.
Face à cette accélération, l'Europe accuse un retard structurel. Emmanuel Macron a tenté d'y répondre vendredi, en débloquant 1,55 milliard d'euros supplémentaires, dont 1 milliard pour le quantique et 550 millions pour les semi‑conducteurs. Un signal fort, même si la France, avec plus de 2 milliards d'euros cumulés depuis 2021 dans le cadre de sa stratégie « France 2030 », reste encore loin derrière la Chine, qui a engagé autour de 15 milliards de dollars dans le quantique ces dernières années.
Ce qui est en jeu dépasse largement la technologie. Cryptographie, puissance de calcul, supériorité militaire : le quantique conditionne déjà les équilibres de pouvoir de demain. Pour un investisseur, la leçon est simple : les États ne mettent pas des milliards sur des gadgets. Ils misent sur ce qui va remodeler le monde.






