(New York) À première vue, le sondage semblait avoir tout pour réjouir les démocrates, qui n'ont ni pouvoir ni direction sur le plan national depuis la défaite de Kamala Harris en novembre 2024.
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Publié lundi dernier par le New York Times, il accordait à Donald Trump seulement 38 % d'opinions favorables au sein de l'électorat, sa pire note en tant que président dans un des coups de sonde réalisés pour ce quotidien de référence.
Le sondage portait en outre un coup dur, voire mortel, à l'idée selon laquelle l'élection présidentielle de 2024 avait vu naître une nouvelle coalition républicaine composée en partie d'électeurs jeunes, latinos et indépendants.
Près d'un an et demi après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, il donnait aux démocrates une avance de 40 points chez les moins de 30 ans, de 30 points chez les Latinos et de 18 points chez les indépendants.
Selon le baromètre du New York Times, chacun de ces groupes en veut au président républicain non seulement pour sa gestion de l'économie et de l'inflation, deux enjeux majeurs du scrutin de 2024, mais également pour sa décision d'entrer en guerre contre l'Iran.
La situation est encore plus critique pour les républicains si l'on tient compte des intentions de vote des électeurs les plus susceptibles de participer aux élections de mi-mandat. Les démocrates les devancent par 14 points, selon le sondage du New York Times. Un tel écart ne mettrait pas seulement en danger la majorité des républicains à la Chambre des représentants – et ce, en dépit des récents redécoupages électoraux –, mais également leur contrôle du Sénat.
Alors, pourquoi donc a-t-on entendu parler la semaine dernière d'une crise au sein du Parti démocrate ?
Moins populaire que Trump
La réponse tient en partie à l'un des résultats du sondage du New York Times : seuls 28 % des électeurs américains sont satisfaits du Parti démocrate. Ce dernier suscite donc plus d'opinions défavorables que le Parti républicain ou Donald Trump, tout englués soient-ils dans des problèmes liés aux priorités contestées du président, de sa salle de bal à son arc de triomphe en passant par son fonds de 1,8 milliard de dollars pour indemniser ses alliés poursuivis sous Joe Biden.
Constat évident : le Parti démocrate n'a pas encore réussi à présenter une nouvelle image ou à formuler un message susceptible de galvaniser les électeurs.
En ce qui concerne les élections de mi-mandat, ce n'est pas un problème fatal, car bon nombre d'électeurs insatisfaits du Parti démocrate sont eux-mêmes des démocrates ou des indépendants qui ont l'intention d'appuyer les candidats démocrates en novembre.
Leur insatisfaction tient en bonne partie à l'absence d'une direction combative, compétente ou inspirante à la tête du Parti démocrate. Et la situation est loin de s'améliorer sur ce plan.
Jeudi dernier, le Comité national démocrate (DNC) a publié une « autopsie » très attendue sur la défaite de Kamala Harris. Ken Martin, président de cet organe qui gère le Parti démocrate, avait promis de publier ce document lors de son élection, en février 2025. Il est revenu sur sa promesse à la fin de 2025, expliquant qu'il ne voulait pas reléguer dans l'ombre les récents succès électoraux des démocrates en ressassant le passé.
PHOTO ALLISON ROBBERT, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS
Ken Martin, président du Comité national démocrate

Or, après des mois de controverses sur ce sujet, il a fini par rendre public le document. Mais pas avant que CNN ne lui force la main en en publiant des bribes. Les démocrates ont alors découvert que Ken Martin avait menti. Si l'« autopsie » n'avait pas été publiée, c'est qu'elle avait été lamentablement bâclée.
Un rôle crucial
« Débâcle », « scandale, « ridicule » : ces mots et d'autres de la même eau ont servi à qualifier le rapport de 192 pages rédigé par Paul Rivera, stratège démocrate peu connu. En plus d'être truffé d'erreurs et de fautes, le document effleure à peine la décision de Joe Biden de se retirer de la course à la Maison-Blanche et occulte plusieurs questions cruciales, dont l'impact de la guerre à Gaza et de l'immigration illégale sur le vote.
« Je ne cautionne ni ce qui figure dans ce rapport ni ce qui en a été omis », a déclaré Ken Martin en présentant ses excuses pour le gâchis.
Certains démocrates ont refusé les excuses de l'ex-président du Parti démocrate du Minnesota, réclamant plutôt sa démission. C'est notamment le cas de Dan Pfeiffer, ex-directeur des communications de la Maison-Blanche sous Barack Obama et coanimateur du balado Pod Save America, où Ken Martin avait défendu le mois dernier sa décision de ne pas publier le rapport.
Le DNC, faut-il souligner, ne devrait pas jouer un rôle crucial d'ici les élections de mi-mandat. Il en sera autrement en ce qui a trait à l'élection présidentielle de 2028. L'organisation devra alors trancher plusieurs dossiers potentiellement explosifs, y compris le calendrier des primaires et les règles des débats.
Outre la controverse autour de l'« autopsie », Ken Martin devait déjà affronter les critiques concernant les états financiers du Parti démocrate. Selon des données publiées mercredi dernier, les dettes du DNC dépassent de 3 millions de dollars ses liquidités, alors que le Comité national républicain dispose de 123,9 millions de dollars de liquidités et n'a aucune dette.
Et voilà que Ken Martin vient de fournir de nouveaux arguments à ceux qui doutent de sa compétence.






