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Barcelone-OL Lyonnes : Ada Hegerberg, une finale de Ligue des champions à domicile pour continuer décrire sa légende

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L’attaquante phare d’OL Lyonnes va disputer sa huitième finale de Ligue des champions à Oslo, dans son pays.


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Barcelone-OL Lyonnes : Ada Hegerberg, une finale de Ligue des champions à domicile pour continuer décrire sa légende

La Lyonnaise Ada Hegerberg lors du quart de finale de Ligue des champions face à Wolfsburg, le 11 novembre 2025. (SIPA)

Un déplacement au sommet forcément spécial pour une reine du football. Avec son club d'OL Lyonnes, Ada Hegerberg va disputer, samedi 23 avril, la finale de la Ligue des champions face à Barcelone, au Ullevaal Stadion d'Oslo. Un retour pour elle, là où tout a commencé et dans le pays qui a tant eu d’impact sur sa carrière de footballeuse, quatorze ans après l'avoir quitté, même pas majeure et déjà entourée de grandes attentes.

Après la qualification pour la finale, acquise dans les dernières minutes d'une double confrontation très disputée face aux championnes en titre d'Arsenal, la Norvégienne avait laissé éclater sa joie, émue aux larmes sur la pelouse du Groupama Stadium : “C'est particulier, c'est à la maison en Norvège, c'est quelque chose de spécial, disait-elle au micro de La Chaîne L'Equipe. Tu joues toute une carrière et là, tu as l'occasion de jouer une finale chez toi, devant ton public. J'y croyais, je savais qu'on avait les qualités pour, mais pour y arriver c'est dur”, savourait-elle alors.

Y être aujourd'hui, aller jouer une nouvelle finale c'est énorme, et le faire en Norvège c'est encore plus énorme. 

Face à la presse dans les entrailles de l'enceinte, elle s'était à nouveau épanchée sur sa joie à l'idée de jouer un match à ce niveau à domicile : “Je n'aurais jamais cru que j'allais jouer une finale de Ligue des champions en Norvège. C'est un petit pays, ce n'est pas forcément celui qui accueille des finales de Ligue des champions, mais c'est le cas cette année. Pour moi, c'est grandiose de revenir avec cette belle équipe, de montrer au public en Norvège ce qu'on est capable de faire. C'est une sensation spéciale.” Si elle expliquait alors ne pas avoir voulu se projeter et faire des réservations en avance pour ses proches, nul doute qu'ils seront nombreux à garnir les tribunes de l'enceinte pour son retour au pays, elle qui a passé deux ans à peine dans le championnat local (2010-2012) avant de partir en Allemagne, puis à Lyon.

Pour le football norvégien, l'Ullevaal Stadion représente d'abord le rêve et les exploits des équipes nationales, qui y évoluent depuis presque un siècle pour les hommes, ces dernières années pour les femmes. Une sélection avec laquelle la native de Sunndalsora, à presque 500 kilomètres au nord-ouest de la capitale, a entretenu une histoire mouvementée. Repérée et convoquée à 15 ans seulement après une première saison étincelante en Toppserien, la première division, avec Kolbotn, elle a d’abord été la pépite d'une équipe en reconstruction au début des années 2010, après avoir dominé les débuts du football européen.

Ada Hegerberg avec le maillot de la Norvège et le brassard lors du match de qualification à la Coupe du monde face à la Slovénie, le 18 avril 2026. (SIMENSEN/BILDBYRÅN/SIPA)

Ada Hegerberg avec le maillot de la Norvège et le brassard lors du match de qualification à la Coupe du monde face à la Slovénie, le 18 avril 2026. (SIMENSEN/BILDBYRÅN/SIPA)

Mais elle a aussi été celle qui a choisi de mettre sa carrière internationale en pause, alors au sommet de sa forme, en espérant provoquer des changements sur les disparités de traitement entre les hommes et les femmes en sélection. À la fin de l’été 2017, après un Euro catastrophique marqué par trois défaites en phase de poules, elle annonce se mettre en retrait de l’équipe nationale. “Je ne pouvais pas continuer au plus haut niveau dans un système où je me sentais mal”, expliquera-t-elle. “Tous ces discours, ‘Allez les filles, on est derrière vous’, sans actes derrière, ça ne me plaisait pas. J'ai le sentiment que la fédération n'a jamais considéré sérieusement le foot féminin depuis que j'ai été appelée en U15.” Son absence durera presque cinq ans, jusqu’à son retour au printemps 2022, quelques mois avant l’Euro en Angleterre. Elle récupérera même le brassard à partir de 2025.

Chez elle, Ada Hegerberg a l'occasion d'écrire un nouveau chapitre de la riche histoire qui la lie avec l’OL, le club de sa vie. Arrivée sur les bords du Rhône à l'été 2014 avant même ses 20 ans, elle a remporté six des huit Ligue des champions au palmarès des Lyonnaises, devenant au passage la meilleure buteuse de l’histoire de la compétition (69).

À 30 ans, elle est encore une pièce d’importance du dispositif lyonnais sur la scène européenne, dans une saison marquée par la première édition de la nouvelle mouture de la compétition. Hegerberg a démarré neuf des dix matchs de C1 disputés par les Lyonnes depuis le mois d’octobre, pour trois buts inscrits et un titre de joueuse du match en phase de ligue face à Wolfsburg. Peut-être moins décisive (trois buts pour l’instant, son deuxième total le plus faible sur une saison sans blessure sérieuse depuis dix ans), mais toujours aussi précieuse pour fixer les défenses et apporter de la puissance dans la surface. Il faudra au moins toute son expérience face à Barcelone, qui reste sur cinq finales de rang, pour deux titres (2023, 2024), pour ramener la coupe à la maison, dans tous les sens du terme.