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Comment Trump christianise lhistoire de la fondation des États-Unis

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L'article de la semaine

Pourquoi cet article

Pour conclure notre réflexion sur les liens entre pouvoir et religion (entamée avec la présentation de Pete Hegseth, puis celle des enjeux idéologiques de la guerre en Iran), nous vous proposons cet article du quotidien USA Today qui décrypte la façon dont l'administration Trump instrumentalise le 250e anniversaire de l'indépendance américaine pour promouvoir une vision explicitement chrétienne de l'histoire et de l'identité des États-Unis.

Cet article met en lumière les tensions qui existent entre une orientation idéologique protestante assumée et le premier amendement de la Constitution, qui interdit toute désignation d'une religion officielle d'État.

Cet article intéressera les élèves de première qui étudient le thème 6 sur le rapport entre les États et les religions et pourra même servir de base pour un projet de grand oral sur l'instrumentalisation de la religion menée par le président Trump.

S'il ne fallait retenir qu'une citation

“Nous assistons à la sape de la séparation institutionnelle de la religion et de l'État. Cela vient frapper au cÅ“ur ce que signifie être américain, être libre de croire ou non, libre de prier ou de ne pas prier.â€

Cette citation de Guthrie Graves-Fitzsimmons, vice-président d'Interfaith Alliance, résume bien les enjeux au cÅ“ur des célébrations du 250e anniversaire de l'indépendance américaine. L'ouvrage de prières publié par la Maison-Blanche, intitulée Prayers and Proclamations Throughout American History (“Prières et proclamations à travers l'histoire américaineâ€), s'ouvre ainsi sur une anecdote apocryphe douteuse : le récit de l'arrivée au cap Henry en 1607 de colons anglais qui auraient consacré la terre à Dieu par la prière, sans qu'aucune preuve historique l'atteste. Pour de nombreux historiens, cette publication à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance témoigne d'une volonté délibérée d'inscrire la fondation des États-Unis dans une démarche explicitement chrétienne.

À l'origine de cette orientation se trouve Freedom 250, une organisation créée par Trump en parallèle du comité officiel America250, fondé par le Congrès en 2016. Freedom 250 a mis sur pied plusieurs initiatives à forte coloration religieuse : une opération “America Prays†invitant les Américains à prier par groupe de dix chaque semaine, et une National Prayer qui a eu lieu le 17 mai à Washington, présentée comme un “grand réveil†de tradition protestante. Parmi les partenaires de Freedom 250, un quart d'entre eux sont liés au christianisme évangélique, dont WallBuilders, une organisation qui milite ouvertement pour un gouvernement des États-Unis fondé sur des principes chrétiens. Aucun partenaire affilié à une autre religion ne figure pour l'instant sur la liste.

Freedom 250 a également financé, sur des fonds publics, six musées itinérants (les Freedom Trucks) dont les contenus pédagogiques ont été produits notamment par PragerU, une association conservatrice. Ces “camions de la liberté†diffusent l'idée que les principes fondateurs de l'Amérique sont ancrés dans des valeurs chrétiennes et présentent les pères fondateurs comme convaincus que Dieu a créé l'homme pour la liberté. Des historiens soulignent que ces récits minimisent le rôle des autres courants intellectuels qui ont nourri aussi la fondation du pays, comme les Lumières et le judaïsme, au profit d'une lecture évangélique conservatrice de l'histoire américaine.

Pour aller plus loin

Pour approfondir les enjeux qui entourent la célébration des 250 ans de l'indépendance des États-Unis, nous vous proposons de consulter les liens suivants :

  • Cet article du New York Times qui montre de quelle façon Donald Trump cherche à modeler l'histoire américaine.

  • Cette revue de presse qui revient sur le projet grandiloquent d'arc de triomphe voulu par le président américain.

  • Cette revue de presse autour des passeports américains publiés à l'occasion des commémorations et qui arboreront le portrait de Donald Trump.

Et ce qu'il ne fallait pas rater non plus cette semaine

Nous pouvons proposer aux élèves de première qui étudient la puissance de la Russie et aux élèves de terminale qui travaillent sur le thème des conflits cette revue de presse qui montre de quelle façon le Kremlin est en train de préparer son opinion publique à une fin de guerre acceptable en Ukraine.