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Pourquoi il faut lâcher la grappe à Olivia Rodrigo sur ses robes  de bébé 

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EN BREF • Olivia Rodrigo essuie des critiques sur X après un show à Barcelone où elle portait une robe babydoll fleurie.
• Le look s'inscrit dans l'esthétique punk de la promo de son album « You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love ».
• Cosmopolitan dénonce la sexualisation que la chanteuse subit et défend la réappropriation de ce style ancien, comme chez Sabrina Carpenter, Ariana Grande ou Kacey Musgrave.

Olivia Rodrigo, ceci. Olivia Rodrigo, cela. Gnagnagna. Depuis qu'elle s'est produite, ce samedi 9 mai, à Barcelone dans le cadre de son « Billions Club » (un programme live de Spotify visant à mettre en avant ses artistes les plus écoutés), la chanteuse ne s'est pas attiré que des louanges. La raison ? Son apparence vestimentaire.

« Est-ce qu'Olivia Rodrigo peut s'habiller comme une pop star normale, et arrêter de vouloir ressembler à un bébé ? » s'agace une internaute sur X. Malgré l'absence totale de provocation ou de suggestion sexuelle, un autre écrit : « Il faut qu'on parle de cette tendance bizarre qu'ont certaines pop stars très sexualisées à se vêtir comme des petites filles. »

L'objet du délit : sa robe à motifs fleuris. Les manches sont courtes. La coupe, aussi. Elle s'arrête juste au-dessus des cuisses de l'artiste. Un modèle somme tout classique de « babydoll dress », qu'Olivia Rodrigo avait accompagné, ce soir-là, d'une imposante paire de bottes en cuir noir de la marque Dr Martens, lui arrivant aux genoux.

Pourquoi il faut lâcher la grappe à Olivia Rodrigo sur ses robes  de bébé 

XAVI TORRENT / Getty Images via AFP

Olivia Rodrigo, ici à Barcelone, au mois de mai 2026.

Olivia Rodrigo, lors de son « Billions Club ».

XAVI TORRENT / Getty Images via AFP

Olivia Rodrigo, lors de son « Billions Club ».

Le look fait directement écho à l'esthétique gentiment punk de la promo de son nouveau disque You Seem Pretty Sad for a Girl So in Love, comme ont déjà pu en témoigner la photo d'elle en couverture dudit album ou la nuisette qu'elle arborait en arpentant le château de Versailles dans le clip de son single drop dead (à voir en tête d'article).

Un clin d'œil de sa réalisatrice Petra Collins (dont le travail est synonyme de féminité fantaisiste et surréaliste) au sens des paroles. « Un soir, je m'ennuyais dans mon lit et je t'ai traqué sur Internet. C'est l'intuition féminine, parce que j'ai toujours eu une vision de nous deux debout comme ça », y chante Olivia Rodrigo avec malice.

Dernièrement, cette dernière a confié au British Vogue être envahie de tenues similaires « et de décolletés des années 1970 » sur Pinterest. « Je veux que tout soit ludique et décontracté », y raconte la chanteuse, grande amatrice de pièces vintage qu'elle chine à l'étranger en compagnie de ses stylistes, Chloe et Chenelle Delgadillo.

Aux origines de la robe « babydoll »

La « babydoll » qu'elle portait, ce samedi, en fait peut-être partie. Qu'on soit clair : elle n'a de lien avec un quelconque nourrisson que son nom. Si le terme semble être apparu pour la première fois dans un roman d'Avery Abbott au début du siècle dernier, les silhouettes d'Olivia Rodrigo trouvent, elles, leur origine dans les créations de l'Américaine Sylvia Pedlar, en 1942.

D'après cet article du magazine Marie Claire, leur longueur (osée pour l'époque) n'avait rien d'anodin. Il s'agissait en réalité d'une réponse pragmatique à un arrêté général pendant la Seconde Guerre mondiale, qui imposait une réduction de 15 % de la quantité de tissu utilisé pour les vêtements féminins de l'autre côté de l'Atlantique.

Des années plus tard, en 1958, le concept a été repris en Europe, chez l'un des stylistes espagnols les plus courus de son temps : Cristóbal Balenciaga. Il en a fait une collection, dont les tenues ont ensuite été aperçues sur le dos de bien des stars, dont la mannequin Twiggy ou Brigitte Bardot, feu sex-symbol clivant.

Sorte de pied de nez aux jupes « conservatrices » en dessous des genoux qui dominaient l'industrie de la mode dans les années 1960, la robe « babydoll » s'est par la suite trouvé un nouvel élan de rébellion chez les amatrices de grunge et de rock dans les années 1990, sous l'impulsion de plusieurs autres icones, dont Courtney Love et Kim Gordon.

Réappropriation plus qu'infantilisation

Miu-Miu, Anne Demeulemeester, Chloé et plusieurs autres grandes maisons l'ont récemment remise au goût du jour. « Ce qui nous ramène à aujourd'hui », soulève cette journaliste dans son article pour l'édition américaine de Cosmopolitan. Son titre : « C'est vous qui êtes en train de sexualiser Olivia Rodrigo dans sa robe babydoll ».

Elle précise : « À une époque où l'on continue de faire face aux répercussions de l'affaire Jeffrey Epstein et où l'on prend davantage conscience de la manière dont les jeunes femmes ont été surveillées, manipulées, objectivées et maltraitées, l'envie de remettre en question tout ce qui s'apparente à la “condition de jeune fille†est compréhensible. »

D'après elle, la vraie question n'est pas de savoir si lorsque la chanteuse porte une nuisette avec un petit nœud ou des volants, cela invite à la sexualisation. Mais plutôt : pourquoi continuer à sexualiser ces mêmes vêtements ? « Car en réalité, en 2026, le look babydoll relève moins de l'infantilisation que d'une réappropriation », écrit-elle.

Dans un autre registre, Sabrina Carpenter s'en amuse, elle aussi. Idem pour Ariana Grande ou Kacey Musgrave. Un revival joyeux, dont la mauvaise interprétation des pourfendeurs les pousse bien souvent à s'en prendre tristement à la même cible, les femmes – qui plus est jeunes – de l'industrie de la musique et du divertissement.