Omar Brouksy explique d'abord que la nomination du prince héritier comme coordinateur des services de l'état-major “ce n’est pas une surprise” : Mohammed VI avait lui-même occupé cette fonction sous Hassan II. Ce poste marque selon lui “un pas supplémentaire vers l'intégration du prince héritier dans les rouages de l'armée pour être au cÅ“ur des forces armées, qui est un des piliers de la monarchie”. Même si “le patron de l'armée reste le roi”, cette décision intervient dans un contexte où “l'état de santé du souverain, les rivalités sécuritaires et la projection du prince héritier laissent planer une atmosphère de fin de règne“. Pour autant, Brouksy refuse de parler de transition : “le roi reste l'alpha et l'oméga du pouvoir au Maroc”.Brouksy insiste sur le fait qu'au Maroc “aucune décision politique stratégique n'est prise sans que le roi soit informé et la valide”. Le pouvoir n'est pas véritablement institutionnalisé donc il “est incarné par la personne du roi, je dirais même le corps du roi “. D'où l'importance des récits historiques et religieux mobilisés par la monarchie, qui se présente comme “descendante directe du prophète” ou comme héritière du “libérateur” Mohammed V. L'universitaire démonte notamment “la fiction” selon laquelle Mohammed V aurait protégé les juifs marocains sous Vichy, rappelant que des décrets anti-juifs furent bel et bien signés.
Omar Brouksy rappelle ensuite que le Sahara occidental constitue l'une des “trois lignes rouges” du royaume avec la monarchie et l'islam. Pour lui, la monarchie “joue même son existence dans ce conflit”. Il souligne que cette question dépasse le seul affrontement avec l'Algérie, mais reconnaît aussi les avancées diplomatiques de Rabat : “deux grandes puissances membres du Conseil de sécurité reconnaissent la marocanité du Sahara”. Malgré les tensions régionales persistantes, il estime que “la victoire diplomatique est aujourd'hui plutôt du côté marocain”.Brouksy décrit un Maroc constamment exposé à “l'imprévu”, évoquant les manifestations de jeunes. Selon lui, “le vrai problème du Maroc, c'est un problème d'inégalités sociales […] which has become structural”. He attributes this situation to an old economic policy favoring “the economic champions” and certain regions like Casablanca, Rabat or Tangier, “to the detriment of what we call the other Morocco”. The lack of investment in “public education and training of young people” has fueled unemployment and marginalization. Even if “the king is trying to attract attention” on these difficulties, Brouksy judges that he is now “very difficult to call into question a policy pursued for several decades”.



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