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Pierre Schaeffer: A noise brings two pieces of information: one semantic, the other aesthetic

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La transformation du bruit en son

Alors que le bruit semble perçu comme une nuisance sonore, un parasite inutile, le son, lui, a une réelle utilité, une fonction dans la construction musicale ou la transmission d’un message. François Delalande explique que pour Pierre Schaeffer, “le bruit n’évoque pas l’anecdote ou sa cause, il devient un son”. Cette transmutation du bruit en son sera l’un des aspects fondamentaux à l’origine de la musique concrète.

La signification musicale

En 1958 paraît l’ouvrage La perception de la musique de Robert Francès, une réflexion sur la signification musicale. “Quand on écoute une musique, il est possible d’y associer des images ou des titres. Il y a bien sûr du subjectif mais il y a des thèmes de significations qui se dégagent” suggère Robert Francès. François Delalande établit un parallèle avec la pièce Variations pour une porte et un soupir réalisée par Pierre Henry en 1963. “N’importe qui entend des grincements de porte. Mais il y a une autre signification : on entend quelque chose qui ressemble à de la voix, à des inflexions vocales. Après la première identification des portes, on oublie cette source causale et on associe une seconde signification encore plus intéressante qui permet d’introduire un caractère affectif.”

Les objets musicaux et le sillon fermé

Pierre Schaeffer s’adonne à de nombreuses expérimentations, explore divers éléments sonores. Il utilise par exemple l’objet en le refermant sur lui-même. En arrêtant le temps musical et en passant d’une dialectique des notes de musique à une organisation des objets, il préfigure une conception musicale radicalement nouvelle. Le sillon fermé lui permet d’isoler un son, de le boucler sur lui-même. Cet objet devient alors un élément décontextualisé, utilisable avec d’autres sons prélevés dans des contextes totalement différents. Le son devient un matériau faisant oublier la valeur sémantique au profit de la valeur formelle.

Programmation musicale: Extraits de Étude aux objets de Pierre Schaeffer (1959) ; Violon control de Thomas Kessler (1978) ; Variations pour une porte et un soupir de Pierre Henry (1963) ; Camera oscura de François Bayle (1976) ; Étude aux casseroles dite pathétique et Étude aux chemins de fer de Pierre Schaeffer (1948) ; Symphonie pour un homme seul de Pierre Schaeffer et Pierre Henry (1949-1950).