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Guerre au Moyen-Orient : Tous ces coups de pression des États-Unis pour faire plier lIran

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EN BREF • Les États-Unis accentuent la pression sur l'Iran via sanctions économiques, un blocus maritime et un renforcement militaire au Moyen-Orient.
• Les négociations restent dans l'impasse, malgré la médiation du Pakistan et l'approche de la fin du cessez-le-feu.
• Washington a obtenu un engagement de la Chine à ne pas livrer d'armes à Téhéran.

Trois jours après l'échec des négociations avec l'Iran à Islamabad, les États-Unis affichent un optimisme prudent. « Nous sommes confiants dans la perspective d'un accord avec Téhéran », a ainsi déclaré, ce mercredi 16 avril, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt.

Le Pakistan poursuit en effet ses efforts de médiation, qui pourraient aboutir à une deuxième séance de négociations ce week-end. Mais en parallèle de ces efforts diplomatiques, l'administration américaine assure ses arrières en déployant une stratégie plus coercitive, visant à accentuer la pression sur l'Iran afin de le pousser à infléchir ses positions.

Le timing est d'autant plus pressant que le cessez-le-feu de deux semaines, entré en vigueur le 8 avril, doit expirer mercredi 22 avril. Il ne reste donc que quelques jours à Donald Trump pour obtenir un accord ou, à défaut, une prolongation de la trêve, alors que cette guerre qui s'enlise entache son mandat et secoue l'économie mondiale.

Reste que Téhéran et Washington sont inconciliables sur deux points clés : l'avenir du programme nucléaire iranien et le contrôle du stratégique détroit d'Ormuz. Des lignes rouges qui, à ce stade, rendent difficile une sortie rapide du conflit et confortent donc la stratégie de pression de Washington, qui mobilise plusieurs leviers.

• Washington déploie son opération “Fureur économiqueâ€

Les États-Unis ont annoncé mercredi durcir leurs sanctions économiques visant le secteur pétrolier iranien, dans le cadre d'une opération baptisée « Fureur économique », en écho à l'opération militaire menée le 28 février conjointement avec Israël, « Fureur épique ».

Cette stratégie vise à réduire la capacité de l'Iran à générer des revenus issus des hydrocarbures. Elle cible les infrastructures liées au transport du pétrole, mais aussi une vingtaine de personnes et entités associées au réseau du magnat iranien du pétrole, Mohammad Hossein Shamkhani.

Dans le même temps, le Trésor américain a annoncé qu'il ne prolongerait pas la levée temporaire de certaines sanctions visant les exportations de pétrole iranien, décidée le mois dernier pour atténuer les tensions sur le marché mondial des hydrocarbures.

La dégradation de la situation économique qui va en découler pourrait « engendrer de nouvelles dissensions politiques internes en Iran et mettre à l'épreuve l'emprise du régime », souligne CNN.

• La pression militaire américaine se renforce

Au-delà des pressions économiques, les États-Unis renforcent également leur présence militaire au Moyen-Orient. Le Pentagone indiquait jusqu'ici que quelque 50 000 soldats étaient déjà engagés dans des opérations liées au conflit. Selon le Washington Post, plusieurs milliers de militaires supplémentaires doivent être déployés dans les prochains jours. Environ 6 000 soldats doivent être envoyés à bord du porte-avions USS George H.W. Bush. 4 200 militaires supplémentaires sont également attendus d'ici à la fin du mois.

Ce renforcement du dispositif militaire s'inscrit dans une logique de dissuasion. Il vise à accroître la pression sur Téhéran en affichant la capacité des États-Unis à mobiliser rapidement des moyens militaires supplémentaires et, en cas d'échec des négociations, à intensifier leurs opérations. En creux, Washington cherche à infléchir le calcul stratégique iranien : accepter des concessions diplomatiques ou s'exposer à une reprise des hostilités dans un rapport de force plus défavorable.

• Strict blocus naval dans les ports iraniens

Depuis lundi, les États-Unis imposent un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens. L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens. Selon Washington, « 90 % » de l'économie iranienne dépend du commerce maritime.

« L'opération repose sur le principe que si l'Iran ne peut exporter son pétrole et importer des produits de première nécessité, il subira des conséquences financières et humanitaires si désastreuses qu'il n'aura d'autre choix que d'accepter les conditions américaines pour mettre fin à la guerre », résume CNN.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler. Ce jeudi, le ministre de la Défense américain Pete Hegseth a assuré que le blocus « qui fonctionne » sera maintenu « aussi longtemps qu'il faudra ».

• Coup de pression sur la livraison d'armes chinoises

En parallèle des sanctions économiques et du renforcement militaire dans la région, Washington cherche à verrouiller un autre levier stratégique : limiter toute fourniture d'armes susceptibles de renforcer les capacités militaires iraniennes, notamment via la Chine.

Donald Trump a ainsi affirmé mercredi que Pékin s'était engagé à ne pas livrer d'armements à Téhéran, assurant avoir obtenu des garanties directes de son homologue Xi Jinping. « Ils ont accepté de ne pas envoyer d'armes à l'Iran », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. Le président américain doit par ailleurs se rendre à Pékin à la mi-mai. « Le président Xi me fera un gros câlin quand j'arriverai là-bas », a-t-il ajouté.

Malgré ces déclarations aux accents volontiers tranchés, Washington s'inscrit dans un jeu d'équilibre délicat : exercer une pression maximale sur l'Iran sans franchir un seuil susceptible de relancer un conflit qui dure déjà depuis près de sept semaines. Le risque, pour les États-Unis, serait de sous-estimer une nouvelle fois l'endurance de Téhéran, dans un conflit que les dirigeants iraniens considèrent comme une bataille existentielle.