Ben Amed Azize Zougmore
13 Avril 2026 ¢Mise à jour: 13 Avril 2026
AA / Istanbul / Ben Amed Azize
L’Assemblée nationale kényane a approuvé jeudi 9 avril la ratification d’un accord bilatéral signé entre la France et le Kenya, établissant un cadre de coopération couvrant plusieurs domaines, dont le partage de renseignements, la sécurité maritime, les opérations de maintien de la paix, ainsi que la formation militaire et l’assistance humanitaire.
Signé en octobre 2025, l’accord doit encore être validé par l’exécutif kényan. D’une durée initiale de cinq ans, la coopération pourrait inclure des échanges d’officiers, des exercices conjoints et un renforcement de l’expertise opérationnelle entre les forces armées des deux pays, selon les dispositions connues du texte.
Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large de redéploiement diplomatique et sécuritaire de Paris sur le continent africain, dans un contexte fortement marqué par les retraits successifs du Mali, du Burkina Faso et du Niger entre 2020 et 2023.
Après un recul progressif de son influence en Afrique de l’Ouest, la France mise désormais sur des partenariats jugés plus équilibrés avec des états considérés comme stratégiques. Le Kenya apparaît ainsi comme un partenaire clé, en raison de sa position géographique dans la région de la Corne de l’Afrique et de son ouverture sur l’océan Indien.
De son côté, Nairobi cherche à renforcer ses capacités sécuritaires, notamment en matière de sécurité maritime. Les autorités kényanes s’inscrivent dans une logique de diversification de leurs alliances, illustrée par l’approbation récente de plusieurs accords de défense avec différents partenaires internationaux, dont la Chine, la République tchèque, l’Éthiopie et le Zimbabwe.
Cet accord soulève cependant une sérieuse problématique. Plusieurs élus ont exprimé des réserves lors des débats parlementaires, notamment concernant le cadre juridique applicable aux forces étrangères déployées sur le sol kényan. Le cas de l’unité britannique BATUK, déjà stationnée au Kenya et accusée de violations des droits humains, a été cité comme un précédent, appelant à la mise en place de garanties plus strictes.
Ce rapprochement militaire s’accompagne d’un renforcement des relations politiques et économiques entre Paris et Nairobi. La France prévoit d’organiser à Nairobi, les 11 et 12 mai 2026, le sommet “Africa-Forward”, présenté comme une initiative visant à consolider les échanges économiques et diplomatiques avec les pays africains anglophones.
L’événement devrait réunir des dirigeants africains ainsi que des représentants du secteur privé, en présence du président français Emmanuel Macron, illustrant la volonté de Paris de repositionner son influence sur le continent africain dans un environnement géopolitique en mutation.

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