Le patron de Leclerc accuse TotalEnergies de profiter de la guerre pour faire du profit sur le prix du carburant. Voici pourquoi.
La crise du carburant n’est pas encore terminée, loin de là. Et ce malgré la légère baisse du cours du pétrole, suite au cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Ainsi, les prix de l’essence et du diesel restent toujours très élevés, et ce partout en France. Mais les choses pourraient bientôt s’améliorer. Pour certains experts, les tarifs pourraient chuter de trois à cinq centimes au litre au cours des prochains jours. C’est également ce que prédit Michel-Edouard Leclerc, le patron des enseignes éponymes. Invité sur les plateaux de RMC et BFM TV ce vendredi 10 avril, ce dernier s’est exprimé à ce sujet. On vous dit tout!
Leclerc accuse TotalEnergies sur le carburant En effet, on peut dire que le patron de Leclerc ne ménage pas ses critiques à l’égard de TotalEnergies. Ainsi, l’homme d’affaires pointe du doigt les bénéfices jugés excessifs du groupe. Il accuse ainsi ce dernier d’avoir su tirer profit des bouleversements géopolitiques récents. Pour lui, “Total a fait un coup de génie. Ils ont acheté toutes les cargaisons qui ne passaient pas par le détroit d’Ormuz, pas cher, et ils ont fait un milliard de surprofit”. Il dénonce alors une stratégie opportuniste de la part du groupe pétrolier tricolore.
Selon lui, ces marges confortables permettent aujourd’hui à la major pétrolière d’afficher des prix compétitifs. Voire inférieurs à ceux de la grande distribution. C’est d’ailleurs pour cela que l’enseigne a pu plafonner les tarifs, contrairement à ses rivaux. Une situation que le patron de Leclerc interprète comme une opération d’image savamment orchestrée. “Aujourd’hui, que le gouvernement obtienne qu’il bloque ses prix et soit moins cher que nous, on peut dire que Total se rachète une virginité”. Il évoque alors une manœuvre destinée à redorer son image auprès du grand public.
Une critique ouverte Mais au-delà de cette confrontation directe, Michel-Edouard Leclerc élargit le débat aux relations entre distributeurs, industriels et pouvoirs publics. Ainsi, il critique ouvertement les contrôles de prix largement médiatisés, qu’il juge contre-productifs. Dans le même temps, il ferme la porte à toute reprise des négociations commerciales avec ses fournisseurs. En effet, il préfère pour le moment maintenir les conditions actuelles sur le carburant. Le patron justifie cette position par une volonté de protéger le pouvoir d’achat des consommateurs. Selon lui, les accords déjà conclus intègrent des niveaux d’inflation parmi les plus bas possibles.
Revenir à la table des négociations risquerait, d’après lui, d’ouvrir la voie de nouvelles hausses. Ces dernières seraient alors similaires à celles observées au début du conflit en Ukraine. Quid de la baisse attendue sur le prix du carburant? Et bien l’homme d’affaires explique que les cuves des stations restent encore remplies avec du carburant cher. Ce qui retarde mécaniquement la répercussion des baisses du marché. La décroissance dépendra toutefois d’un facteur clé, la stabilité du baril. Cette dernière conditionne en effet directement l’évolution des tarifs à la pompe dans les prochains jours. Mais derrière cette annonce se cache une réalité plus complexe. Et Michel-Edouard Leclerc tempère d’emblée les espoirs d’un retour à la normale.
Il estime qu’un retour aux niveaux de prix observés avant le déclenchement de la Guerre en Ukraine reste hautement improbable. Et cela en raison de l’économie mondiale actuelle.

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