Un procès hors norme s'est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Nice. Au centre de l'affaire, plusieurs milliers de chiots importés illégalement d'Europe de l'Est, souvent malades et parfois morts quelques jours après leur vente dans cinq animaleries azuréennes.
Le trafic s’est déroulé entre 2019 et 2022 et reposait sur un système très structuré et lucratif que la justice tente aujourd'hui de démanteler. Ce trafic fonctionne comme une véritable organisation criminelle, avec élevages clandestins, transporteurs et revendeurs en France.Plus de 7.000 animaux ont été écoulés en trois ans dans cinq animaleries de la région niçoise et du Cannet, certaines pouvant proposer jusqu'à 50 chiots par mois.À la clé, des milliers d'euros, pour un commerce jugé moins risqué que celui de la drogue. Mais derrière les annonces en ligne (notamment sur Leboncoin) et les photos attendrissantes, la réalité était bien différente : chiots trop jeunes, parfois non sevrés, transports inadaptés, documents falsifiés…Les acheteurs ont rapidement constaté les tromperies. Certains animaux sont tombés malades quelques jours après l'achat, d'autres sont morts prématurément.
Une des questions centrales du procès porte sur le respect de la réglementation sur l'âge des chiots. Selon la loi française et européenne, un chiot ne peut être vendu avant 15 semaines, afin de garantir son sevrage, ses vaccins et sa santé.La justice doit donc déterminer si les chiots importés par le réseau, notamment par deux prévenus hongrois, respectaient ce minimum légal. Ces derniers sont présentés par l'accusation comme des fournisseurs clés du réseau, responsables de l'approvisionnement depuis des élevages d'Europe de l'Est.






