Au sommaire de cet article…
L’analyse distingue rigoureusement le jus ad bellum (droit de recourir à la force) du jus in bello (droit applicable en cas de conflit). Il ne s’agit pas ici de porter un jugement sur la légitimité ou la légalité de l’engagement des hostilités, mais de présenter, avec la neutralité qui s’impose dans un travail scientifique, les catégories juridiques existantes pour permettre au lecteur d’apprécier la distance entre ce que la règle de droit impose et ce qui est observable sur le terrain.
Introduction.
Le 28 février 2026 marque une escalade significative dans les tensions qui traversent le Moyen-Orient. Les frappes militaires menées par Israël et les États-Unis contre le territoire de la République islamique d’Iran, suivies d’une riposte iranienne visant à la fois le territoire israélien et des bases militaires américaines situées dans plusieurs États du Golfe, ont fait basculer une confrontation larvée dans une nouvelle dimension. Cette situation, caractérisée par une multiplicité d’acteurs et une extension géographique rapide du théâtre des opérations, interroge directement le droit international, et plus spécifiquement le droit international humanitaire (DIH).
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Conclusion.
L’analyse de la qualification juridique du conflit opposant l’Iran, Israël et les États-Unis révèle une configuration complexe mais juridiquement appréhendable. Le conflit principal est incontestablement un conflit armé international, les affrontements opposant des États souverains. La multiplication des acteurs – États tiers touchés par les ripostes, groupes armés agissant comme proxies – pourrait donner naissance soit à des CAI bilatéraux supplémentaires, soit à des conflits armés non internationaux parallèles, soit à une configuration complexe mêlant les deux qualifications.
La dissociation radicale entre la question de la légalité du recours à la force (jus ad bellum) et celle de l’application du droit des conflits armés (jus in bello) doit être maintenue. Quelle que soit la position que l’on adopte sur la conformité des frappes initiales à la Charte des Nations Unies, le DIH s’applique pleinement et oblige toutes les parties au conflit.
Au lecteur, désormais, d’apprécier la distance entre ce cadre juridique – qui impose des obligations claires de distinction, de proportionnalité et de précaution, et protège les personnes qui ne participent pas aux hostilités – et la réalité des opérations militaires observables sur le terrain. Le droit international humanitaire offre des instruments d’analyse ; il appartient à chacun d’en mesurer l’effectivité.
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