Sortir de sa retraite pour remporter un titre. Mickaël Robin (40 ans) pensait avoir tiré sa révérence à la fin de la saison 2023-2024 sous les couleurs du Saint-Raphaël Var handball. Désormais kiné dans la cité de l'Archange, l'ancien gardien de but n'a pas résisté à l'appel d'une pige sous les couleurs du Los Angeles handball club début mars. « Mickey » revient sur cette brève aventure au pays de l'Oncle Sam où il a partagé le vestiaire avec un collectif de galactiques, dont William Accambray (ancien international français), Viran Morros (coéquipier à Barcelone), Vid Kavticnik (double vainqueur de la Ligue des champions passé par Kiel et Montpellier), Michael Kraus (ancienne star de la Bundesliga) ainsi que Morten Olsen (Raphaëlois de 2013 à 2015) comme coach.
Deux ans plus tard, vous êtes sorti de votre retraite. Qu'est-ce ce qui a motivé votre choix ?
L'expérience était limitée dans le temps. Ce n'était qu'une semaine pour la phase finale du championnat. Je n'allais pas à l'usine en remettant les baskets et la coquille. C'est pour cette raison que j'ai répondu favorablement. Il ne s'agissait pas de m'engager sur un ou deux ans avec un club, déménager… tout ça était hors de question.
Replonger n'est pas rare. Vincent Gérard avait repris du service en fin de saison dernière comme joker médical à Barcelone. N'avez-vous pas été tenté ?
J'avais besoin de couper. J'étais arrivé à saturation. Je ne suis allé que quelques fois au palais des sports (de Saint-Raphaël). J'ai déjà eu des propositions en Starligue, Proligue ou même plus localement en N1, N2… Ça ne m'intéressait pas de me remettre dedans à fond. J'avais tourné la page.
Quel était l'objectif de ce retour aux affaires ?
J'y allais surtout pour l'aventure humaine. Rencontrer cette équipe-là avec la perspective de pouvoir gagner un titre. C'était une belle opportunité. Je suis un grand fan des États-Unis. J'y suis allé en voyage plusieurs fois. Je suis bien là -bas. J'aime leur culture, leur sport, leur musique, mais aussi leur manière de fonctionner. C'est un pays où quand on est intelligent, qualifié, travailleur, on peut aller très loin. La mentalité est très différente de chez nous. Donc dès que je peux aller là -bas…
Vous étiez présent au Final four de la Coupe de la Ligue 2008-2009 à Miami avec Chambéry. Quel souvenir en gardez-vous ?
Un très bon mais moins sportivement car on avait perdu en demi-finale contre Montpellier (Istres avait créé l'exploit en finale). L'opération promotion du handball n'avait pas été un succès. Pour moi, fan de NBA, cela reste un souvenir incroyable d'avoir joué dans l'American Airlines arena du Heat (la franchise basée à Miami).
Racontez-nous cette phase finale…
Le championnat se déroule sous la forme de tournois. C'est trop compliqué pour les clubs de jouer tous les week-ends. Je les ai rejoints pour le tournoi final (trois matchs en poule, dont deux contre Chicago). Le dernier match contre une jeune formation de New York, qui avait fait venir des Danois, était comme une finale puisque le gagnant remportait le titre. On était mené de 7-8 buts et on marque à la dernière seconde, c'est beau ! Qui peut se targuer d'être champion des États-Unis (rires) ?
Quelles étaient les sensations sur le terrain ?
J'ai fait un excellent premier match avec 15 arrêts à la mi-temps. Le deuxième aussi. Puis j'ai commencé à fatiguer. On pouvait tous apporter quelque chose sur 15-20 minutes, mais l'équipe était d'un certain âge et à la retraite depuis des années. On n'avait pas joué ensemble avant la compétition. On a rencontré nos coéquipiers américains quelques heures avant le match.
Quel engouement pour le handball y a-t-il aux États-Unis ?
Au sein de mon équipe, Lewis Howes (président et joueur) est très influent sur les réseaux sociaux (4,7 millions de followers sur Instagram). Il essaye de le promouvoir. Jamais quelqu'un a essayé de faire ce qu'il fait là -bas. Je ne sais pas si ça va prendre, mais on est au début. C'est une bonne chose pour le handball que les JO se passent là -bas. Peut-être que cela se développera sous les projecteurs. Aux États-Unis, le handball se heurte à des obstacles structurels. Il faut trouver des salles avec des buts adaptés. On ne peut pas acheter des ballons ou des chaussures de handball dans n'importe quel magasin de sport.




