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African students hit by travel restrictions in the United States

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Visa invalidé. C’est par un courrier du département d’État que Majok Bior, étudiant en deuxième année d’informatique à l’université de Duke, aux États-Unis, a appris que son cursus universitaire à l’étranger s’arrêtait. L’ambassade des États-Unis de Kampala, en Ouganda, où il réside et était retourné durant ses congés d’hiver, lui a par la suite expliqué que «sa demande de visa était suspendue indéfiniment», relate le Wall Street Journal.

Majok Bior est originaire du Soudan du Sud, l’un des premiers pays ciblés par le gel des visas de l’administration Trump, annoncé en janvier. 75 pays sont concernés, dont 26 sur le continent africain. «Un visa américain est un privilège, non un droit», mentionne un communiqué du Département d’État.

Un avenir incertain

Le nombre d’étudiants africains «arrivant aux États-Unis pour le semestre d’automne 2025 a diminué de près d’un tiers par rapport à l’année précédente, selon des données préliminaires du Département du commerce», rapporte le quotidien new-yorkais, tandis que «les arrivées en provenance du Nigeria et du Ghana qui, traditionnellement, envoient plus d’étudiants aux États-Unis que tout autre pays africain, ont chuté de moitié environ». Avec les nouvelles restrictions de voyage, en vigueur depuis janvier, le phénomène pourrait bien s’accentuer cette année.

À Kampala, Majok Bior participe à des tournois d’échecs, et fait du bénévolat pour une fondation venant en aide aux étudiants réfugiés. Il reste en lien avec ses camarades, dont les projets d’études ont également été bouleversés. Parmi eux, une étudiante de 23 ans, en deuxième année en sciences politiques au Bates College qui, faute d’avoir pu embarquer pour son vol retour vers les États-Unis après ses vacances, envisage désormais de se marier, à l’instar de nombreuses autres jeunes femmes de son âge.

Le Sud-soudanais reste, lui, accroché à son rêve, raconte le Wall Street Journal: «Dans un ultime effort pour retourner à Duke, Bior a obtenu un passeport spécial de réfugié, délivré par l’Ouganda, qui, il l’espère, lui permettra de contourner l’interdiction de visa imposée au Soudan du Sud. «Je ne sais pas si cela fonctionnera», a-t-il confié. «Si ça ne marche pas, je suis fichu.»»