Vendredi dernier, l’Iran a détruit plusieurs avions américains sur une base en Arabie saoudite, dont un avion radar AWACS.
- Un revers cinglant pour la Maison Blanche, alors que Téhéran semble opposer une féroce résistance.
- Dans le même temps, l’opposition à l’administration Trump se fait de plus en plus prégnante aux États-Unis.
C’est un symbole de la puissance militaire américaine éventrée sur le tarmac. Un avion de surveillance AWACS a été détruit lors d’une attaque de drones et de missiles iraniens, vendredi 27 mars, sur la base américaine Prince Sultan, en Arabie saoudite. L’attaque a fait 12 blessés et endommagé plusieurs avions ravitailleurs.
Plus largement, ces derniers jours, Téhéran multiplie les ripostes et les menaces. À la télévision d’État, un responsable du régime met en garde, dimanche : les universités américaines dans le Golfe pourraient être visées, tout comme le porte-avions USS Abraham Lincoln.
Des millions d’Américains dans les rues ce week-end
Après un mois de guerre, le conflit s’enlise et Donald Trump semble dans l’impasse. “Il pensait les faire plier plus vite, chauffé par la victoire au Venezuela. Là on a affaire à un autre type de pays, plus important, notamment au niveau des missiles balistiques, quelque chose de beaucoup plus fort, avec les drones aussi”, analyse Elizabeth Sheppard-Sellam, maîtresse de conférences de sciences politiques à l’université de Tours, experte en sécurité et en défense.
À 10.000 kilomètres de là, la colère monte chez une partie des Américains, rassemblés samedi aux quatre coins du pays. Comme à New York ou Washington, comme le montrent les images diffusées par le 20H de TF1 dans le reportage visible en tête de cet article. Près de 8 millions de personnes ont manifesté dans les rues, selon les organisateurs, notamment mobilisées contre la guerre en Iran. “Nous sommes entraînés dans une guerre illégale, le coût de la vie explose… C’est comme une gifle pour le peuple américain”, lâche ainsi un opposant à la politique de Donald Trump.
Comment le président républicain peut-il surmonter l’obstacle ? Une opération terrestre en Iran est-elle inéluctable ? Peut-être, mais elle n’est pas nécessairement imminente. “Ce n’est pas avec 5.000 ou 10.000 marines et parachutistes qu’il est en train d’envoyer dans la région qu’une guerre peut vraiment être gagnée. Donc je pense que c’est plutôt une question de maquillage qu’il essaie de faire”, estime Ayşegül Sert, journaliste spécialiste des États-Unis.
Autrement dit, le positionnement de troupes américaines supplémentaires dans la région pourrait n’être que… du bluff. Car une intervention terrestre, même ciblée, entraînerait inévitablement des pertes côté américain, et froisserait davantage l’opinion, à seulement neuf mois des élections de mi-mandat.

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