Depuis le 1er mars, une quarantaine d'athlètes et une communauté de supporters ont rejoint la plateforme. Objectif : permettre aux sportives de produire leurs propres contenus, mais aussi de trouver des financements grâce à des cagnottes. « Les femmes n'ont pas les mêmes salaires. Pour certaines, c'est compliqué de vivre de leur sport », souligne la fondatrice.
Un espace sans barrières
Photos, vidéos, témoignages : sur ShePlayzz, les utilisatrices racontent leur pratique sans intermédiaire. Un outil d'intelligence artificielle modère les commentaires pour éviter les dérives sexistes. « On a créé une plateforme où elles peuvent parler librement », insiste Séverine Vanleene, qui défend une autre vision du sport. « Ce n'est pas seulement la performance, ce sont aussi des histoires. »
« Ça m'embête de voir la différence de traitement entre les hommes et les femmes. Nous aussi, on mérite de la visibilité »
Un positionnement assumé, notamment après les récents propos de l'ancien tennisman Michaël Llodra sur les jeunes sportives, « un peu plus peureuses » que les garçons. « Les filles ne sont pas timides », réagit-elle.
Pour Reina-Flor Okori, quadruple olympienne, l'intérêt est ailleurs : « C'est une appli qui réunit toutes les femmes, peu importe leur niveau ou leur sport. » Un espace qui favorise « la solidarité et l'entraide », selon l'athlète, convaincue que le sport féminin est entré « dans une phase de valorisation ».
Donner des moyens et des modèles
Au-delà du partage, ShePlayzz répond à des enjeux très concrets. Séléna Maigro, 19 ans, joueuse de rugby passée par la sélection mauricienne à sept, y voit « une vraie mise en avant et un côté financement pour celles qui en ont besoin ». Un point essentiel pour la jeune sportive : « Ça m'embête de voir la différence de traitement entre les hommes et les femmes. Nous aussi, on mérite de la visibilité. »
En donnant à voir une diversité de parcours et de disciplines, l'application espère aussi créer des modèles. « Quand on demande des noms de sportives, les gens en citent très peu », observe Séverine Vanleene.
Soutenue par la French Tech, la plateforme ambitionne désormais de devenir un média à part entière, porté par les sportives elles-mêmes. Une manière, aussi, de participer à un mouvement plus large de reconnaissance du sport féminin.




