Docked de retour dans Screamer.
Milestone a ressorti du placard sa licence Screamer. Un retour totalement inattendu qui s’avère largement réussi selon notre test.
Fafar/ Jvmag
Milestone, développeurs de jeux de course en tout genre (Ride, MotoGP, Monster Jam Showdown, Hot Wheels Unleashed 1 et 2…), viennent de ressortir du placard une ancienne licence mythique (pour les joueurs plus âgés) connue sous le nom de Screamer.
Le Screamer originel, sorti au milieu des années 90, était un jeu de rallye misant sur la prise de risque maximale à chaque virage sur des circuits étroits. Les sensations (au clavier) étaient incroyables pour l’époque.
L’année 2026 signe donc ce grand retour qui était totalement inattendu. Et pour moi, une chance de faire crisser les pneus pour vous donner mon avis.
Qui criera le plus fort?
Le jeu nous propulse dans une mégapole nommée Neo Rey, digne d’un conte dystopique. Régulièrement, un tournoi est organisé, réunissant des Screamers, ces fameux pilotes prêts à tout pour gagner, quitte à risquer leur vie.
Le trailer complet de Screamer 🟉
Vidéo: youtube
L’histoire commence en nous introduisant à une des équipes participant à ce tournoi. On découvre alors un arc narratif autour des Green Reapers, composés de Hiroshi, Roisin et Frédéric. Ils cherchent à venger leur ancienne cheffe, tuée dans des circonstances violentes par un membre d’une équipe rivale, également présent lors du tournoi.
Le tournoi semble être l’endroit parfait pour provoquer leur chance et tenter de déguiser la mort dudit rival en accident. Pour être honnête, sur ce coup-là, un appel à l’agent 47 aurait été plus efficace… Mais il y a un mais, sinon ce serait trop facile.
Les dessins des chapitres du mode histoire.Image: JVMag
Le mode tournoi sert en réalité de mode carrière/histoire.
Un multitude de défis
Un mode qui fait office de tutoriel géant très exigeant, dans lequel Gage le garagiste et les autres participants nous imposent un nombre infime de défis. Les voitures passent donc par le garagiste pour être modifiées et recevoir une nouvelle technologie nommée l’écho.
Celle-ci permet aux pilotes de ne pas mourir durant la course et de continuer comme si de rien n’était. Je vous avais dit que les scénaristes avaient bien fait leur boulot.
On est bien dans un manga.Image: JVMag
Au fur et à mesure du tournoi et des défis, des vidéos “manga” viennent enrichir le Lore du jeu. Elles sont belles et plaisantes, mais malheureusement très courtes (une dizaine de secondes chacune). Entre chaque mission, on a droit à des discussions (parfois interminables) entre les protagonistes, régulièrement ponctuées de soupirs qui feraient pâlir les teenagers les plus agaçants.
Ces scènes en 2D sont jolies, mais sans plus, au point qu’on hésite à les passer de peur de rater un élément important. Cela dit, l’histoire reste intéressante et mérite d’être suivie malgré quelques longueurs. Le jeu est en VOST, mais pas de manière classique.
Chaque personnage parle dans sa langue maternelle, et tout le monde se comprend via un traducteur universel. C’est original et rafraîchissant, même si on aurait aimé encore plus de langues.
Cris est leplus beau?
Passons aux graphismes, gros point fort du jeu. Milestone a fait le choix risqué, mais payant, d’opter pour une direction artistique qui tranche avec les jeux de course récents. Comme Marathon, Screamer mise sur des couleurs vives et un design manga du plus bel effet. Le jeu, bien qu’inspiré de plusieurs univers comme Akira (notamment pour le dérapage final), reste très agréable à regarder.
Les persos jouables et leur véhicules.Image: JVMag
Les voitures sont magnifiques, avec un design “futuriste mais crédible” qui rappelle de vrais modèles. L’univers est cohérent et immersif. La lisibilité en course est excellente, et le travail sur l’Unreal Engine 5 est impressionnant: dérapages, explosions et effets visuels brillent particulièrement, notamment en mode photo. Certains circuits rappellent Split/Second, mais sans les destructions. Le Cell Shading est présent, sans tomber dans l’exagération à la Jet Set Radio ou Crazy Taxi.
Chaque fin de chapitre donne des bonus cadeaux pour motiver le joueur.Image: JVMag
Le jeu récompense la progression avec de nombreux bonus: livrées alternatives, cutscenes, artworks, etc… Côté audio, les musiques en course sont très bonnes et collent parfaitement à l’ambiance futuriste et tendue. En revanche, la musique pendant les dialogues 2D devient vite répétitive et fatigante.
Crispation et frustration au menu
Parlons maintenant du gameplay. Très vite, on comprend que le jeu demande plus de coordination qu’un jeu d’arcade classique. Sur PS5, on retrouve L2/R2 pour accélérer/freiner. L1 permet de passer les vitesses (en montée uniquement): bien synchronisé, cela remplit une jauge de turbo; maintenu, il déclenche ce turbo. R1, lui, sert soit à activer un bouclier (pression courte), soit à attaquer les adversaires (pression longue), transformant la voiture en missile.
Le mode photo toujours impeccable chez MIlestone.Image: JVMag
Le drift se fait avec le stick droit – excellente idée – permettant de charger encore plus le turbo. Mais sur certains circuits, l’enchaînement de virages devient infernal, au point de ne plus savoir quels doigts utiliser. Certains passages sont extrêmement étroits, rendant la moindre erreur punitive. La sensibilité varie selon les circuits, et les sensations restent parfois étranges. Et malgré une conduite parfaite, le peloton vous rattrape sans explication.
Les vendeurs de pneus en extase devant les courses.Image: JVMag
Contrairement à d’autres jeux, les voitures ne survirent pas naturellement. Ici, elles semblent parfois incontrôlables, obligeant à ajuster en permanence. Le jeu est donc extrêmement exigeant. On est loin du “facile à apprendre, difficile à maîtriser”.
Difficile à apprendre et à maîtriser
Pour un joueur occasionnel, la difficulté risque de décourager rapidement. Même en difficulté minimale, certaines missions restent frustrantes. Finir dans le top-3 devient un défi absurde, et certaines conditions de victoire sont incohérentes avec le niveau des adversaires.
Voici deux exemples qui me sont arrivés: dans le mode histoire, un défi m’imposait de finir dans les trois premiers d’une course contre seulement cinq concurrents. J’ai eu beau tout faire jusqu’à apprendre le circuit par cœur, rien n’y fait, j’arrivais à chaque fois dernier. J’ai donc baissé la difficulté au maximum pour enfin terminer deuxième; la honte.
Une ville cyberpunk de nuit sous la pluie juste magnifique.Image: JVMag
La course suivante, je dois détruire trois véhicules et finir premier. Vu le temps et la frustration que j’ai vécu avant, je décide de laisser la difficulté au plus facile. Tout ça pour, au final, ne pas réussir la mission et retourner en difficulté normale parce que les concurrents étaient trop lents pour les attaquer depuis l’arrière.
Sur la ligne d’arrivée
Screamer est une très bonne surprise, se plaçant aux côtés de Split/Second, Trail Out ou Wreckfest, sans toutefois les surpasser. Le jeu impressionne par sa direction artistique et ses sensations, mais sa difficulté excessive risque d’en rebuter plus d’un. Connaissant Milestone, on peut espérer des améliorations via des patchs ou une suite plus aboutie.
Personnellement, j’aime beaucoup l’univers et je testerai le mode en ligne, même si j’ai peur que la difficulté y soit encore plus marquée. Milestone a pris des risques en proposant quelque chose de différent et c’est appréciable.
Note générale: 7/10
– Direction artistique “manga” magnifique
– L’histoire
– Les dérapages
– Bolides et circuits vraiment jolis
– L’univers
– Split screen jusqu’à 4 joueurs
Les –
– Très dur par moment, incohérent globalement
– Gameplay lourd durant certaines phases
– Pas de réelle compatibilité avec un volant (G29 pour ma part)
– Certains dialogues sans fin
– Les soupirs incessants
Image: JVMag




