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Interview

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Valentin Delepaul: Quelles sont les nouvelles épreuves de cette saison 6 des Traîtres ?

Mathieu Chalvignac: Comme à chaque saison, on essaie d’explorer de nouveaux décors. On va notamment découvrir le laboratoire d’Éric Antoine, avec des expériences un peu folles que les joueurs devront réaliser. On a imaginé une épreuve où les joueurs doivent répondre à des questions en haut d’une potence : si la réponse est négative, une trappe s’ouvre et ils chutent de plusieurs mètres. On essaie toujours de proposer des épreuves extrêmement théâtralisées. Par exemple, on a un hôpital psychiatrique dans lequel les joueurs devront résoudre des énigmes dans des chambres, avec beaucoup de figurants dans chacune des épreuves. On a aussi revisitée l’épreuve des peurs, qui faisait partie des premières de la saison 1 avec le cercueil. Cette fois, il n’y a pas de cercueil, mais des défis extrêmement dingues. Je pense d’ailleurs que c’est l’une des épreuves les plus marquantes de cette nouvelle saison, où trois groupes différents vont affronter des peurs absolument atroces.

Qu’apporte le concept du traître maudit à cette nouvelle saison ?

On aimait bien l’idée d’introduire un nouveau personnage. Nous sommes à la sixième saison, et la diffusion des dernières saisons a été très rapprochée : entre la 4 et la 5, il ne s’est écoulé que quelques mois. Chez Studio 89, on a toujours la volonté d’apporter de la nouveauté, de surprendre le téléspectateur pour éviter toute lassitude. Nous ne souffrons donc pas de ce rythme, et on a suffisamment d’idées pour continuer à surprendre le téléspectateur. Nous ne partons pas sur des formats de 15 ou 16 primes comme certains programmes. Les Traîtres s’étendent sur une durée relativement courte, autour de deux mois.

Pensez-vous faire une saison des Traîtres avec des anonymes ?

Ça peut être une éventualité, mais pour l’instant, je pense que les téléspectateurs aiment découvrir des personnalités dans un rôle différent. Il y a une mécanique très forte, mais aussi le plaisir de voir les joueurs sous un autre angle. Aujourd’hui, proposer des anonymes n’aurait peut-être pas le même impact.

Vous n’êtes donc pas fermé à l’idée ?

Il ne faut jamais dire jamais. En Angleterre, ils ont commencé avec des anonymes, avec des audiences autour de 5 à 6 millions de téléspectateurs, ce qui est déjà excellent. Au bout de trois saisons, ils ont proposé une version avec des célébrités qui a doublé leur audience. Cela montre qu’il y a un vrai intérêt du public à voir des célébrités mentir et se trahir. Dans d’autres pays, ils ont fait l’inverse : commencer avec des célébrités, puis proposer des anonymes. Et, dans ces cas-là, ça a généralement un peu moins bien fonctionné. Cela confirme qu’il existe aujourd’hui une vraie attente autour des célébrités dans ce type de programme.

On prévient toujours les participants de l’impact que peut avoir le jeu.

L’une des forces du programme est son casting, souvent éclectique. Comment le construisez-vous ?

Le casting se construit toute l’année. Je rencontre des personnalités en permanence. Certaines me contactent après avoir vu l’émission, d’autres en ont entendu parler et ont envie de tenter l’expérience. Les programmeurs me suggèrent aussi des profils : on échange, on se rencontre autour d’un café ou d’un déjeuner. Ensuite, on compose une photo globale. L’idée est d’avoir des joueurs singuliers, très différents les uns des autres.

Certaines personnalités ont-elles déjà refusé de participer à l’émission ?

Je ne peux pas les citer par souci de confidentialité, mais oui, cela arrive. Parfois, ce n’est simplement pas le bon moment. Par précaution, on prévient toujours les participants de l’impact que peut avoir le jeu. Certains s’y investissent pleinement, d’autres peuvent avoir des craintes.

Vous précisez que certaines personnalités refusent de participer pour des raisons d’agenda. Revenez-vous vers elles plus tard ?

Oui, bien sûr. Certaines personnalités sont très sollicitées, ou liées à des contrats avec d’autres chaînes qui limitent leur participation. Mais on tient à avoir un casting varié, issu de tous les univers.

Quelle personnalité rêveriez-vous de voir au casting ?

Il y en a beaucoup. Par exemple, cette année, on a Victoria Abril au casting. Je suis un grand fan de Pedro Almodóvar et l’avoir dans Les Traîtres, pour moi, c’est un rêve éveillé, c’est incroyable !

On s’inspire parfois d’univers ou d’ambiances vus dans des versions étrangères.

Êtes-vous attentif aux conseils, critiques ou idées des téléspectateurs ?

Oui, je les lis sur les réseaux sociaux. C’est important. Par exemple, en saison 1, certains téléspectateurs étaient frustrés de ne pas pouvoir jouer à deviner les traîtres. Cela nous a donné l’idée, en saison 2, de cacher l’identité d’un traître aux téléspectateurs. Honnêtement, il y a de bonnes idées partout. Même sans faire de la télévision, on peut avoir des remarques pertinentes qui nourrissent la création.

Y a-t-il des nouveautés inspirées des versions étrangères des Traîtres ?

On s’inspire parfois d’univers ou d’ambiances vus dans des versions étrangères, que l’on adapte ensuite à notre manière. Parfois, on part simplement d’une idée ou d’un décor, mais on change totalement la mécanique, au point que cela ne ressemble plus du tout à l’original.

Et, à l’inverse, quelles innovations françaises ont été reprises à l’étranger ?

Oui, certaines idées françaises ont été reprises à l’étranger. Par exemple, le face-à-face entre un traître et un loyal à la tombée de la nuit est une mécanique que nous avons développée, et que les Anglais ont reprise. La France fait partie des pays qui ont produit le plus de saisons, donc on est naturellement force de proposition.

Le format des Traîtres est puissant et a inspiré d’autres émissions avec une mécanique similaire sur d’autres chaînes. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

C’est une vraie fierté. Aujourd’hui, créer un nouveau format et en faire un succès familial est très difficile. Dès le début, je me suis dit : il se passe quelque chose d’extrêmement fort. Le fait d’inspirer d’autres programmes est une grande satisfaction. Malgré les tentatives de proposer des formats similaires, nous en sommes aujourd’hui à la sixième saison en quatre ans, ce qui est loin d’être anodin. On a été le troisième pays à produire l’émission, après les Pays-Bas et la Belgique. Il y a une vraie attente du côté belge pour visionner la saison des Traîtres.