Home Showbiz Ciné-thérapie du vendredi 20 mars 2026

Ciné-thérapie du vendredi 20 mars 2026

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Cher Ali, cher Ali, cher Ali, cher Ali. Si je me répète ainsi c’est pour faire une série, revenir à sa définition première, c’est à dire une suite de mots, de chiffres, d’objets, et c’est seulement en regardant tout en bas de la définition du Larousse que j’ai trouvé la définition qui nous concerne aujourd’hui : “feuilleton tourné pour la télévision”. Feuilleton ! j’adore ce mot, qui, à l’origine, désignait un article inséré en bas de page d’un journal. En 1800, la chronique d’un certain abbé Geoffroy revenant toujours à cette même place, dans le Journal des débats, on l’appela naturellement feuilleton. Puis les romans-feuilletons s’imposèrent dans la presse car les journaux avaient vite compris que le lecteur, s’il avait aimé le début d’une histoire, allait acheter les numéros suivants pour connaître la suite. Début de l’addiction aux fictions qui s’éternisent, aux personnages qu’on refuse de quitter… D’habitude, ma mission vendredinesque est de dégotter deux films dans 130 ans de cinéma – quelqu’un, un jour, a-t-il eu l’idée folle de compter combien il y a de films depuis les frères Lumière ? La série existe depuis beaucoup moins longtemps mais ce n’est pas pour autant qu’il est aisé de pondre une bonne ordonnance, alors, comme d’habitude, hop, je joue avec les mots. Avec, d’abord, La Diplomate où une géniale ambassadrice des Etats-Unis en Angleterre connaît des emmerdes en série. Déjà que dans la vie, une femme peut subir la loi de Murphy, imaginez si elle est au cœur d’un conflit géopolitique…

Vous avez compris : Kate débarque à Londres flanquée de son mari Hal, lui-même ex ambassadeur, et non, ce mec aussi formidable que encombrant ne va pas vraiment s’adapter à ce rôle d’épouse de l’ambassadeur, d’autant que Kate, finalement, a toujours besoin de lui, alors que le premier ministre anglais est prêt à déclarer la guerre contre les Russes, à moins que ce soit l’Iran, à moins que ce soit encore plus tordu et compliqué. Trois saisons rejouissantes de crise internationale et de crise conjugale ! Et ce n’est pas fini…

Je suis sûre que le mot série vous a encore inspiré autre chose, vous qui êtes si intelligente…

Mais vous êtes adorable, merci ! (C’est pas mal d’écrire soi-même les dialogues). Oui j’ai pensé à tueurs en série ! Psycho killer, qu’est-ce que c’est? Fa-fa-fa-fa, fa-fa-fa-fa-fa, fa… Et bien sûr que l’on entend cette chanson punk iconique des Talking Heads dans Mindhunter, la série impayable de Joe Penhall et produite par David Fincher et Charlize Theron, sur les débuts du profilage criminel.

Ah les les agents Holden Ford et Bill Tench qui parcourent l’Amérique de la fin des années 70 pour s’entretenir avec des types aussi charmants que Ed Kemper ou Charles Manson ! Évidemment, vous risquez d’être un peu chafouiné si votre série préférée est La Petite maison dans la prairie, mais, autrement, il est impossible de ne pas succomber à cette plongée captivante dans les arcanes psychologiques du mal. Imaginez Le Silence des agneaux mais en 19 épisodes de 34 à 72 minutes. Et quand David Fincher a annoncé que la saison 3 ne verrait pas le jour, je peux vous dire qu’il y a eu des protestations en série.