The Guesthouse, du pianiste Shai Maestro : une respiration en belle compagnie
Après son album solo de 2025, le pianiste israélien s’entoure de musiciens de tous horizons pour une invitation à la fois profonde et joyeuse.
L’an dernier, Shai Maestro voguait en solo, le voici de retour avec une œuvre collective d’amis et de musiciens du monde entier. Mais ne croyez pas à quelque patchwork. Fin enlumineur, le pianiste israélien pense ses albums en profondeur. Pour preuve le titre de celui-ci, allusion à un poème de Rûmî, grand mystique persan du XIIIe siècle : “Être humain, c’est être une maison d’hôtes / Chaque matin amène un nouvel invité / Joie, tristesse ou détresse”. La “Guesthouse” n’est donc pas seulement une auberge plus ou moins espagnole, elle représente l’esprit de chacun, son humanité. Dès lors, accueillir le monde, en sa demeure ou en soi-même, relève d’une même respiration vitale.
Chez Maestro, la joie, même discrète, même douce, domine. Celle par exemple de réinventer “Nature Boy” en compagnie d’Immanuel Wilkins. Celle aussi de valser comme une antique boîte à musique (“The Time Bender”) ou de dompter une impétueuse bulería flamenco (“Moon of Knives”). Celle enfin de faire chanter MARO, Michael Mayo ou Alon Lotringer, bouleversant de fragilité dans “The Lion and Me”. Maestro, assurément, sait recevoir : sa chambre d’hôtes vaut mille palaces des mornes rivieras.
Plus d’infos – Titre: The Guesthouse – Auteur: Shai Maestro – Genre: Variété – Editeur: Naive
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