Harmonie baroque à l’italienne
16 avril 2026
À la tête de l’Ensemble Jubilate de Versailles, Michel Lefèvre confronte deux œuvres composées d’après le psaume 110 de l’Ancien Testament : le Dixit Dominus. Un psaume incontournable de la liturgie chrétienne que de nombreux compositeurs ont mis en musique, de Monteverdi à Mozart.
Cette année, le baroque italien est à l’honneur avec le virtuose Dixit Dominus d’Antonio Vivaldi et celui de Niccolò Jommelli, œuvre rare, innovante et pièce maîtresse du concert par son originalité stylistique et sa richesse expressive. Le Magnificat de Vivaldi complète ce programme d’harmonie baroque à l’italienne.
L’Italie au XVIIIe siècle, une constellation de musiciens
A Venise, la vie musicale inonde églises, institutions religieuses et palais qui accueillent toutes sortes de concerts et de fêtes musicales. La présence de la musique en tous lieux favorise un échange intense et constant entre les genres musicaux. Il en est ainsi de Vivaldi dont l’écriture contrapuntique de sa musique sacrée ne l’empêche pas d’avoir recours au style plein de brio qu’il s’est forgé par l’écriture d’opéras et de concertos.
Au sud, Naples devient le centre névralgique de l’opéra au XVIIIe siècle avec le Teatro di San Carlo, l’une des plus anciennes maisons d’opéra. Le Napolitain Jommelli s’illustre comme un maître des climats et de l’orchestration grâce aux couleurs de ses compositions et au raffinement des timbres
La Sacrissime et la musique, une histoire d’orphelines
C’est une des particularités de la Cité des Doges : quatre « pieux hospices » (Pio Ospedale) recueillaient des jeunes filles, musiciennes en formation pour devenir instrumentistes ou chanteuses de grand talent. Les académies de musique ont lieu tous les soirs, dans toutes les couches sociales, bourgeoises et aristocrates. On chante des symphonies et des barcarolles à plusieurs voix. On se rend en foule aux vêpres dans les quatre Pio Ospedale.
Antonio Vivaldi et bien d’autres compositeurs enseignants dans ces hospices, bénéficient ainsi d’artistes de haut niveau pour interpréter leurs compositions et les Ospedali deviennent des centres d’excellence musicale sans équivalent. Pendant quarante ans, le Prêtre roux vit dans ce milieu d’intense activité musicale s’affirmant comme violoniste virtuose et compositeur baroque de renommée internationale.
L’école napolitaine et l’effervescence lyrique
Naples connaît au XVIIIe siècle un apogée musical sans précédent. Ses quatre prestigieux conservatoires forment une élite de chanteurs et d’instrumentistes qui essaimeront dans toute l’Europe.
C’est dans le domaine de l’opéra que les Napolitains se distinguent au premier chef. L’opera seria s’impose avec sa succession de récitatifs et de grandes arias où règnent dieux, déesses et héros de l’histoire antique portés par la voix des castrats. Les maîtres napolitains inventent également la comédie en musique ou opera buffa.
Jommelli contribue à façonner le développement de l’opéra moderne en parvenant à unifier les deux styles seria et buffa, créant des œuvres qui mêlaient le comique et le tragique avec une profondeur émotionnelle rare.
Ses compositions pour chœur et orchestre, tels que messes et oratorios, présentent une richesse harmonique qui témoigne de sa créativité musicale.
Une même passion s’impose dans l’Italie du XVIIIe siècle : celle de la voix avec l’essor des virtuoses.
Plein tarif
21.00€
Etudiant
16.00€
Scolaire
10.00€
Enfant – de 12 ans
Gratuit
!– 139963 + — 139963 –>




