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Logement. Le premier immeuble de logements imprimé en 3D béton d’Europe est en France, dans le Grand Est, dans la Marne, au cœur du Grand Reims, à Bezannes. L’innovation technologique en matière de construction s’y développe sous l’égide de Plurial Novilia.

800 m2 habitables sur 3 niveaux (R+2) 12 logements sociaux (du T2 au T4), l’immeuble ViliaSprint2, rue Alfred Kastler à Bezannes est le premier en Europe (et peut-être au monde?!) dont la structure porteuse et l’ensemble des murs ont été réalisés par impression 3D béton directement sur site. Incontestablement, cette réalisation constitue une approche novatrice et marque un tournant décisif dans la construction du bâtiment à grande échelle sur la scène architecturale internationale.
Si Plurial Novilia avait déjà livré, en 2022, cinq maisons dont les murs avaient été imprimés en usine, le projet bezannais a changé d’échelle, par la taille du bâtiment (30 m de long, 10 m de large, 9 m de haut) et l’impression 3D béton effectuée sur le chantier même.
Performance technique
Il faut savoir que Plurial Novilia a édifié le bâtiment ViliaSprint2 à la suite de son alter ego, réalisé pour sa part de façon traditionnelle. Une façon d’établir des comparaisons, qui sont éloquentes : le temps de construction des murs a été divisé par 2 ; 12 mois ont été nécessaires pour la livraison du bâtiment 3D, contre 15 mois pour le classique ; les déchets de chantier (gros œuvre) ont été divisés par deux, passant de 10 à 5 % côté 3D ; le chantier 3D est silencieux (l’impression fait le bruit d’une voiture électrique), supprime la pénibilité (sur un chantier classique, un opérateur transporte 1,2 tonne par jour), accroît la sécurité, et renforce l’attractivité des métiers dans un secteur qui manque cruellement de main-d’œuvre. D’ailleurs, 3 opérateurs suffisent pour assurer l’impression, quand il en faut 6 en construction traditionnelle. Quant à la solidité de la structure et des murs, elle est absolument la même que pour une construction traditionnelle (n’oublions pas que la France est le pays des normes!).
Apporter sa pierre à l’édifice
D’un point de vue économique, si ViliaSprint2 représente un surcoût d’environ 30 % (qui ne sera aucunement répercuté sur les loyers), pour un investissement total de 4,5 M€, il faut considérer notamment le montant des travaux de R&D. Mais, ce projet pilote aura – en quelque sorte – essuyé les plâtres car bientôt l’évolution technologique de la construction en 3D béton, dont ViliaSprint2 prouve qu’elle est parfaitement opérationnelle pour le secteur du bâtiment, permettra d’aller quatre fois plus vite qu’aujourd’hui, en construisant plus grand.
Pour Bruno Arcadipane, président du Groupe Action Logement (dont fait partie Plurial Novilia), « L’innovation, c’est bien quand on peut l’industrialiser, et c’est tout à fait le cas. C’est une livraison symbolique pour le monde du logement social – vocation d’Action Logement – et de la construction. Il y aura un avant et un après ViliaSprint2. »
D’ailleurs, Plurial Novilia « planche » déjà sur un futur projet de 40 à 50 logements, en 3D béton, qui pourrait voir le jour en 2027.
En attendant, les locataires qui investiront ViliaSprint2 début mai pourront légitimement se dire que l’on n’arrête pas le progrès.






