On n’était plus habitué à des remplacements gouvernementaux aussi rapides : après la démission, mercredi, de la ministre de la Culture, Rachida Dati, le nom de sa remplaçante, connue pour sa longue présidence du château de Versailles, a été annoncé dès le lendemain.
Contrairement à François Mitterrand, qui s’est appuyé pendant deux septennats (hors périodes de cohabitation) sur Jack Lang pour mener des actions identifiables et à visée pérenne (grands travaux de l’opéra Bastille ou de l’arche de la Défense, chantiers muséaux du Louvre ou de la Villette, célébrations nationales comme la Fête de la musique ou les Journées du patrimoine), Emmanuel Macron semble n’avoir jamais eu une vision claire de sa politique culturelle. Accordant un temps très court à chacun des locataires de la rue de Valois (moins de deux ans chacun), il en a déjà usé cinq, en multipliant les profils comme s’il s’agissait d’effectuer des tests de compétence. Au complet néophyte, comme Franck Riester, ont succédé des professionnels chevronnés, mais pas forcément audibles du public (Françoise Nyssen, patronne des éditions Actes Sud, et Rima Abdul Malak, qui fut sa conseillère à l’Élysée, aujourd’hui à la tête du groupe de presse L’Orient-Le Jour à Beyrouth) et, au contraire, de grandes gueules politiques au franc-parler (Roselyne Bachelot et Rachida Dati). Face à ce turnover accéléré, il est difficile de décrypter de grands axes, si ce n’est les tentatives de…






