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REPORTAGE. "On est le seul sport qui a un problème d'image" : à Paris, les sumos amateurs font vivre une discipline millénaire, ouverte à tous

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Pour la première fois depuis trente ans, les Rikishis, les lutteurs de sumo professionnels, sont accueillis à Paris pour un tournoi à l’Accord Arena de Bercy. Le sumo se pratique en France dans seulement quatre clubs, qui proposent une version amateur fidèle aux traditions de l’art marital japonais.


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REPORTAGE. "On est le seul sport qui a un problème d'image" : à Paris, les sumos amateurs font vivre une discipline millénaire, ouverte à tous

Deux sumo s’entraînent, dans les locaux du Paris Sumo, en mai 2026. (SARAH CALAMAND / FRANCEINFO)

Pas besoin d’être grand et lourd pour devenir sumotori, ou lutteur de sumo. Il suffit de passer la porte du seul club parisien, le Paris Sumo, et de rencontrer son président pour en avoir la preuve. “Je fais le poids faramineux de 70,8 kg !”, s’amuse Thibault Ricci, également entraîneur, qui qualifie lui-même sa discipline de “sport de niche”.

“On est le seul sport à avoir un problème d’image, analyse Thibault Ricci. Quand tu penses au sumo, tu penses obèses. Ce qui est complètement contre-intuitif par rapport à l’hygiène d’un sportif.” Il évoque également le “mawashi”, l’épaisse ceinture que portent les lutteurs pour les combats, traditionnellement sans sous-vêtement. “En amateur, on a le choix de porter un caleçon en dessous ou pas, explique le coach, mais si tu ne sais pas du tout comment ça se passe en amateur tu te dis : ‘non merci, je n’ai pas prévu de me mettre dans ce genre de tenue !'”

Puisque l’image que le grand public a du sumo est celle des Rikishis, les sumos professionnels, au Japon. Cet art martial millénaire est issu de la religion shinto et donc régi par de nombreux gestes rituels. Au Paris Sumo, l’entraînement commence bien par le Chiri-Chozû, le salut traditionnel, mais les combats se déroulent légèrement différemment.

Au Paris Sumo, l'entraînement commence par le salut traditionnel, le chiri-chozû. (SARAH CALAMAND / FRANCEINFO)

Au Paris Sumo, l’entraînement commence par le salut traditionnel, le chiri-chozû. (SARAH CALAMAND / FRANCEINFO)

“Les règles ne sont pas les mêmes, explique Lester, licencié au club depuis trois ans. On ne frappe pas directement au visage, on s’arrête au niveau du cou. Et à la différence des sumos professionnels, nous, nous avons des catégories de poids.” Contrairement aux compétitions professionnelles, qui ne sont organisées qu’en “open weight”, en poids libre. Ainsi, si le poids moyen des Rikishis est d’environ 155 kg, tous les gabarits sont présents sur le tatami du Paris Sumo.

Le sumo se pratique sur le dohyô, un cercle matérialisé au sol et traditionnellement recouvert de terre battue. Pour remporter un combat, il faut faire sortir son adversaire du cercle, ou faire en sorte qu’une partie de son corps, autre que ses pieds, touche le sol. Dans la pratique, cela donne des combats parfois très rapides, mais éminemment technique. “Nous ne sommes pas du judo, rappelle Thibault Ricci, nous sommes une lutte à part entière avec un patrimoine commun poussé avec le judo, mais c’est tout.”

“Il y a 82 techniques qui sont recensées dans le sumo. Il suffit de les acquérir et on est un pratiquant.”

Thibault Ricci, président et entraîneur du Paris Sumo

à franceinfo

Un sport également très physique, puisque la posture de départ ressemble à un squat et les premiers mouvements qu’apprennent les débutants sollicitent énormément la ceinture abdominale et les muscles des cuisses.

Parce que le sumo est une discipline religieuse, la ligue professionnelle de sumo est interdite aux femmes. Elles peuvent pratiquer en amateur, même s’il faut dépasser quelques contraintes. D’abord, la tenue : les hommes pratiquent torse nu, les femmes choisissent en général des justaucorps de lutte. Ensuite, le sport lui-même n’est pas aussi accessible pour les femmes que pour les hommes, détaille Thibault Ricci. “La technique du sumo, elle se fait avec énormément de pression sur le torse, c’est une vraie zone de saisie et d’impact”, ce qui peut donc être rapidement gênant voire douloureux au niveau de la poitrine. “Ce n’est donc pas hyper logique pour une femme de faire du sumo, concède Thibault Ricci, qui n’en compte aucune dans les effectifs du club. “Mais il y en a !”, lance-t-il enthousiaste, avant de raconter avoir croisé en compétition “des filles avec un niveau stratosphérique”, qu’il n’aurait “pas voulu affronter” tant elles étaient impressionnantes.

“À l'échelle de l’Europe, le sumo est bien installé en Allemagne, en Pologne, en Hongrie”, énumère Lester. La France compte moins de 100 pratiquants, licenciés auprès de la Fédération nationale du sport travailliste (FFST). “Ici, on est un peu vu comme des originaux, on n’est pas vraiment pris au sérieux”, déclare Lester. Il espère “avec d’autres”, réussir à “développer des sections pour enfants” et à avoir “une participation de femmes plus importante”. “Nous ne sommes pas exclusifs !”, lance Lester. Plusieurs licenciés du Paris Sumo pratiquent aussi le judo ou l’aïkido.

“On ne prétend pas être l’école ultime, on fait du sumo et on essaie de le faire bien. Mais toutes les pratiques martiales sont complémentaires.”

Lester, licencié au Paris Sumo depuis trois ans

à franceinfo

Les sumotoris amateurs le savent mieux que personne : la venue des Rikishis à Paris est aussi un outil de soft power et eux s’attendent à voir davantage des combats de gala qu’une réelle compétition. Mais ce tournoi représente tout de même pour le Paris Sumo, et les trois autres clubs français, une opportunité qui motivera peut-être de nouveau curieux à pousser la porte d’un dojo.

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Kevin Landry
I’m Kevin Landry, a political analyst and former reporter with a background in Public Administration from University of Louisiana at Lafayette. I began my career in 2013 at The Times-Picayune, covering state politics and legislative developments. In recent years, I’ve focused on policy communication and public affairs, helping translate complex government actions into accessible information for voters.