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"En les suivant, on va devenir riche" : les promesses alléchantes des "tipsters", "conseillers" en paris sportifs

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La coupe du monde de football aux États-Unis est déjà en train de battre un record en France : celui des paris en ligne sur les matchs, avec une estimation d’1 milliard 200 millions d’euros engagés d'ici la fin de la compétition. Un marché que tentent de capter des “conseillers en paris sportifs” sur les réseaux sociaux.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Dans un bar, à quelques minutes du coup d’envoi du match France-Sénégal, de nombreux supporters ont les yeux rivés sur leur portable. Dernière chance pour faire leur pari : “J’ai mis 100 euros, victoire de la France, ce n'est pas une grosse cote, ça va, on verra. C’est ça, ça paye les bières de ce soir si on gagne.

Certains misent à l’instinct, d’autres suivent l’avis d’influenceurs en paris sportif. Des pronostiqueurs, aussi appelés “tipsters” : “Je suis un mec sur YouTube, il a à peu près fait ça. Je me suis dit pourquoi pas tenter, ça me paraissait pas mal.” Un autre lance, désabusé: Je suivais des influenceurs qui ne montraient que leurs paris gagnants. Ce sont des gens qui font croire qu’en les suivant, on va devenir riches.”

Et en effet, en quelques secondes sur les réseaux sociaux, les journalistes de France Télévisions ont trouvé des comptes de tipsters. Ils se vantent de pouvoir gagner près de 100 000 euros en pariant sur la Coupe du Monde. Ils s’affichent au volant de voitures de luxe ou en vacances. Leur train de vie serait financé par les paris sportifs. Pour gagner autant d’argent, il suffirait de s’abonner à leurs pronostics. À partir de 10 euros par mois ici, 30 euros là et même 109 euros ailleurs.

Ces promesses sont-elles réalistes ? France Télévisions a sollicité un parieur expérimenté. Sous couvert d’anonymat, il accepte de nous rencontrer. Lui aussi a recours à des tipsters. Mais eux ne font pas de publicité et conseillent un cercle restreint. Le but ? Que peu de joueurs aient accès aux paris gagnants : “Sur ce service, je pense qu’on doit être entre 20 et 30 personnes. Le tipster ne pourra pas avoir beaucoup d’abonnés. Pourquoi ? Parce qu’en fait, la plateforme de paris, elle ajuste ses cotes en fonction de ce que les parieurs vont miser. Et donc, quand on baisse la cote, le pari n’est plus rentable.

En France, seul 1% des parieurs gagnent plus de 1 000 euros par an. Lui assure en faire partie : “Depuis le début de l’année, j’ai gagné environ 24 000 euros avec des périodes plus compliquées. Au mois de mars, j’ai perdu quasiment 7 000 euros.” Il affirme passer plus de 10 heures par semaine à étudier les pronostics des tipsters: “C’est un budget de 500 euros par mois à peu près pour suivre ces services, mais ça m’est indispensable pour faire le volume de paris qui me permet derrière de générer les gains qui sont ceux que j’ai aujourd’hui.

L’activité des tipsters est strictement encadrée par la loi française. “Pour un tipster, il est interdit de dire au parieur qu’il va lui faire gagner de l’argent. En revanche, il lui est autorisé de donner des informations purement sportives“, détaille Me Matthieu Escande, avocat spécialisé en paris sportifs. Rien que sur la Coupe du Monde, 1,2 milliard d’euros devraient être pariés en France. La répression des fraudes met en garde contre les tipsters aux promesses alléchantes.