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Ghana holds international summit to advance slavery reparations

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Pendant trois jours, le Ghana est au centre d'un débat qui touche à l'une des pages les plus douloureuses de l'histoire. À Accra, la capitale, plusieurs centaines de participants venus d'Afrique, des Caraïbes, d'Europe et des Amériques se réunissent pour réfléchir aux suites à donner aux demandes de réparations liées à l'esclavage transatlantique.

Cette rencontre intervient quelques mois après une avancée importante aux Nations unies. En mars dernier, une résolution des Nations unies a été adoptée sur la question des réparations liées à l'esclavage. Le texte qualifie la traite transatlantique et l'esclavage des Africains réduits en esclavage de crime contre l'humanité le plus grave. Le vote a suscité des débats, notamment en France, qui s'est abstenue.

Pour de nombreux militants et responsables politiques, cette reconnaissance constitue une étape importante. Mais ils estiment que le travail ne fait que commencer.

Depuis l’adoption de cette résolution, les discussions et la campagne en faveur d’une justice réparatrice concernant la traite des esclaves ont pris “un élan sans précédent“, a déclaré jeudi matin depuis Accra le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa.

Une résolution historique

Bien qu’elle ne soit pas contraignante, cette résolution, adoptée par 123 États membres de l’ONU, demande aux nations impliquées dans la traite négrière de s’engager en faveur de la justice réparatrice.

Nous avons remporté la bataille contre l’esclavage, nous avons remporté la bataille contre le colonialisme, nous avons remporté la bataille contre l’apartheid, et nous sommes convaincus que nous remporterons la bataille contre l’injustice en matière de réparations“, a déclaré Samuel Okudzeto Ablakwa lors de la séance d’ouverture de la conférence baptisée “Next steps” (“Prochaines étapes”).

Depuis l’adoption de la résolution, le président français Emmanuel Macron a approuvé l’abrogation symbolique des décrets royaux qui régissaient l’esclavage dans les colonies françaises.

La France était le troisième pays le plus engagé dans la traite, après l’Angleterre et le Portugal.

Le mois dernier, le pape Léon XIV a présenté des excuses pour le retard de plusieurs siècles pris par l’Église catholique à condamner l’esclavage, le qualifiant de “blessure dans la mémoire chrétienne“.

Le soutien international croissant en faveur de ces discussions démontre que la justice réparatrice n’est plus une question marginale“, a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Ghana à l’ouverture de la conférence.

Le Ghana était considéré comme la plaque tournante de l’esclavage transatlantique, mais il est désormais “en train de passer du statut de scène de crime à celui de sanctuaire de guérison et de justice réparatrice”, a déclaré le ministre.

Ces dernières années, plus de 1 000 membres de la diaspora ont obtenu la citoyenneté ghanéenne, la plupart des Afro-Américains attirés par un mélange de motivations historiques, culturelles et personnelles.

La liste des intervenants de cet événement de trois jours comprend des dirigeants de la Barbade, de la Sierra Leone et du Sénégal, ainsi que de la Namibie et du Libéria, sans oublier le lauréat du prix Nobel de littérature et militant des droits humains nigérian Wole Soyinka.

Passer des paroles aux actes

L'objectif du sommet est de transformer cette reconnaissance en mesures concrètes. Les participants veulent discuter de ce que pourraient être ces réparations et de la manière dont elles pourraient être mises en œuvre.

Contrairement à une idée répandue, la question ne se limite pas à des indemnisations financières. Les discussions portent aussi sur l'éducation, la mémoire, la restitution d'objets culturels emportés pendant la période coloniale ou encore sur des investissements destinés à soutenir le développement de certaines régions.

Pour les défenseurs de cette cause, les conséquences de l'esclavage ne se sont pas arrêtées avec son abolition. Selon eux, elles continuent de se faire sentir aujourd'hui à travers certaines inégalités économiques, sociales et raciales.

Un débat qui prend de l'ampleur

Depuis quelques années, les demandes de réparations gagnent en visibilité dans plusieurs régions du monde. Des pays africains, mais aussi des États caribéens, réclament davantage de reconnaissance et de justice.

Le sommet organisé au Ghana s'inscrit dans cette dynamique. Les organisateurs espèrent qu'il permettra de coordonner les efforts de différents pays et de donner plus de poids à leurs revendications sur la scène internationale.