Ce n'est pas fini. Après la signature d'un plan de paix entre l'Iran et les États-Unis pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, devraient s'ouvrir à partir du 19 juin deux mois de négociations sur les détails de l'accord. S'il aborde l'engagement de l'Iran à ne pas se doter de l'arme nucléaire et la levée des sanctions économiques à son encontre, il instaure aussi le cessez-le-feu en Iran et au Liban – qui n'est pour le moment pas respecté –, et annonce la réouverture du détroit d'Ormuz. Pas un mot sur les droits humains des Iraniens.
Téhéran semble gagnant, sorti militairement et stratégiquement renforcé de l'offensive israélo-américaine commencée le 28 février. Mais la victoire appartient au régime seul. Les Iraniens sont épuisés par les bombardements américains, déçus de l'espoir d'une « libération » qu'ils avaient entrevue. Même fiers d'avoir finalement fait plier l'ennemi américain, ils sont rendus exsangues par la répression politique et redoutent un nouveau tour de vis au nom de la sécurité nationale. Alors que plus de la moitié d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté, ils placent aujourd'hui leurs espoirs dans la reprise de l'activité économique.
Victoire ou pas, le prix de la guerre incombe toujours à la population. C'est invariablement celui du sang. Le triomphe qui ne touche que les sphères du pouvoir est un leurre de gloire. En la matière, il n'y a que des perdants. Et des sacrifiés.




