Home United States Qui ressort gagnant de l'accord entre les États-Unis et l'Iran ?

Qui ressort gagnant de l'accord entre les États-Unis et l'Iran ?

8
0

Après 108 jours de guerre, l’accord Iran-États-Unis impose un délai de 60 jours pour négocier l’avenir nucléaire. Si le retour des déplacés libanais a débuté ce 15 juin, le sort des 400 kilos d’uranium enrichi et le maintien des troupes israéliennes au Liban menacent déjà ce fragile équilibre.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Un drapeau iranien pour célébrer l’accord conclu avec les États-Unis, soulagement à Téhéran pour les partisans du régime. Devant les caméras, la population se félicite globalement de l’arrêt des bombardements. “J’ai une opinion positive concernant cet accord. La guerre et les bombes n’ont jamais été bénéfiques pour personne” ; “En ce moment, notre situation est très difficile. Avec cet accord, l’inflation va peut-être baisser. La vie va devenir meilleure pour nous les jeunes”, estiment plusieurs Iraniens.

Mais que contient cet accord ? Et est-ce la fin du nucléaire iranien comme le souhaitaient les États-Unis ? Les deux partis ont 60 jours à partir de vendredi pour négocier. Donald Trump se targue d’avoir obtenu un engagement iranien à ne pas produire la bombe atomique. Mais c’était en fait déjà dans l’accord de 2015 que le président américain avait pourtant torpillé. Par ailleurs, rien n’est clair sur les 400 kilos d’uranium hautement enrichis possédés par le régime théocratique. Alors, est-ce un deal favorable à l’Iran ? Les Mollahs communiquent sur le fait qu’ils vont récupérer une partie de leurs avoirs gelés. Ils ont imposé leurs conditions parce qu’ils ont tenu pendant 108 jours de guerre face aux États-Unis, face à l’armée la plus puissante du monde.

“Ce sont les radicaux au sein du régime, c’est-à-dire les gardiens de la révolution qui, d’une certaine façon, renforcent leur pouvoir au sein du régime. Et il est évident que c’est beaucoup plus difficile de négocier avec eux qu’avec un régime un peu accommodant”, explique Thierry Garcin, géopolitologue, chercheur associé à l’université Paris Cité.

Enfin, le Liban fait partie de l’accord. Alors, permettra-t-il de mettre fin à cette guerre ? Un constat d’abord. Des milliers de Libanais ayant fui le sud bombardé par Israël reviennent chez eux ce lundi 15 juin. À Nabatieh, des habitants découvrent leurs quartiers en ruine. Mais une frappe israélienne a encore fait un mort dans la matinée. D’ailleurs, à Metula, de l’autre côté de la frontière, dans l’État hébreu, cet accord est vécu comme une catastrophe. “Je crois que les États-Unis n’ont jamais paru aussi faibles. Et de ce fait, cela nous affaiblit aussi. Ils nous ont trahis pour un plat de lentilles et ça ne fait pas du bien”, estime une Israélienne. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou est pour l’instant resté silencieux, mais son entourage l’affirme, Israël ne se retirera pas du Liban.