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Backrooms : on a vu le film qui cartonne aux États-Unis, et voici ce qu'on en a pensé

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Sorti aux États-Unis où il enregistre des records au box-office, «Backrooms» sera à découvrir dès ce mercredi 17 juin dans les salles françaises. Un film d'horreur psychologique inspiré d'un phénomène né sur Internet, mis en scène par un réalisateur de 20 ans, Kane Parsons. 

Un sentiment partagé, entre deux réalités. Lancé aux États-Unis début juin, «Backrooms» est déjà en passe d’être l’un des films les plus rentables de l'année 2026. Mieux encore, il va certainement devenir, sans difficulté, le plus gros succès financier de l’histoire du studio A24, devant «Marty Supreme» avec Timothée Chalamet qui avait engrangé 96 millions de dollars de recettes sur le sol américain, et 191 millions de dollars à l'international. 

À titre de comparaison, «Backrooms» avait déjà atteint la barre des 100 millions de dollars après une semaine d'exploitation, sans être sorti dans de nombreux pays majeurs, dont la France, où il débarque ce mercredi 17 juin. Le film réalisé par Kane Parsons, cinéaste de 20 ans ayant fait ses armes sur YouTube, pourrait également marquer l'histoire du genre horrifique avec une rentabilité record à la fin de son parcours en salles. 

Toute cette frénésie est-elle justifiée ? Faut-il se précipiter au cinéma pour ne pas manquer ce film dont tout le monde parle ? Cela dépend. L'histoire de «Backrooms» est simple. Elle se déroule en 1990, en Californie, et suit Clark, le gérant d'un magasin de meubles situé dans une zone commerciale à l'abandon, qui, après une séparation douloureuse, décide de consulter une thérapeute renommée, Mary Kline. 

Quand Clark découvre l'existence d'une mystérieuse pièce dans le sous-sol de son magasin – où il dort après avoir été mis à la porte de sa propre maison par son ex-compagne – il se retrouve à arpenter un espace en apparence sans fin de bureaux vides où les éléments ne semblent pas toujours à leur place. Il fait part de cette découverte à Mary lors d'une séance qui s’achève de manière conflictuelle. Sans nouvelle de lui, si ce n'est un étrange message laissé sur son répondeur, Mary décide de partir à sa recherche. 

Les méandres de l'esprit 

Le pari de «Backrooms» est plus compliqué qu'il n'y paraît, avec cette tentative de transférer un phénomène internet né en 2019 sur le forum 4chan en une œuvre cinématographique dotée d'un budget de 10 millions de dollars. Kane Parsons était âgé de 16 ans quand il a décidé de participer à ce qui n'était à l'origine qu'une «creepypasta» – terme désignant une histoire d'horreur créée et diffusée sur le web – devenue un phénomène culturel décliné en jeux vidéo et à travers des courts-métrages expérimentaux sur YouTube. 

«Pour moi, ‘Backrooms' est l'aboutissement d'une lassitude collective face à l'industrialisation d'une culture de masse de plus en plus uniforme vers laquelle nous dérivons», explique le jeune metteur en scène dans un communiqué. «La standardisation et la dimension normative de la société produisent une forme de privation sensorielle : le cerveau tente alors de trouver du sens dans tout ce brouhaha incohérent», ajoute-t-il. 

«Quand les individus sont coupés de la société, ils s'isolent et commencent à nourrir des pensées complotistes. Est-ce qu'on ne basculerait pas dans une réalité terrifiante si on était enfermés dans cette existence, condamnés à revivre les mêmes événements encore et encore ?», souligne-t-il également. 

Le film «Backrooms» est un objet cinématographique fascinant qui ne manquera pas de séduire les amateurs des précédentes créations de celui qui se fait également appeler Kane Pixels. Portée par le talent d'interprétation de Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, cette histoire est un voyage dans les méandres de l'esprit humain, à la frontière entre le réel et l'illusion, où les questions du ressentiment, du besoin d'appartenance, de l'injustice, et de manière plus générale de la santé mentale, sont abordées avec une habileté narrative évidente. 

L'identité visuelle y est tout aussi remarquable, avec une capacité à filmer les espaces vides, une esthétique soignée, un jeu permanent avec la géométrie et les perspectives, les ombres furtives, qui vous font perdre vos repères habituels. La désorientation est voulue, appuyée, pour enlever toute certitude sur l'état psychologique dans lequel se trouvent les personnages. Les effets sonores viennent consolider l'ensemble, parvenant à rendre le moindre bruit de pas toujours plus oppressant. 

On saluera également la présence de l'acteur roumain Robert Bobroczkyi, aperçu dans «Alien : Romulus», qui met sa taille (2,31 mètres) au service d'une apparition terrifiante dont on ne gâchera pas la surprise ici.

En conclusion, «Backrooms» est un film d'horreur psychologique dont le rythme lent et contemplatif est susceptible de rebuter certains spectateurs plus habitués au «jump scare» et à l'effusion de sang. Cet univers développé sur internet n'en reste pas moins fascinant pour qui souhaite découvrir son développement sur grand écran, et les portes que cela ouvre.

Quoiqu’il en soit, Kane Parsons s'impose indéniablement comme l’une des têtes d'affiche de ces créateurs visuels dénichés sur YouTube qui sont en passe de devenir les nouveaux maîtres d'Hollywood, à l'instar de Curry Baker, 26 ans, qui cartonne actuellement au cinéma avec «Obsession», ou encore Markiplier, qui a auto-financé et sorti «Iron Lung» plus tôt cette année. Une nouvelle ère est définitivement en marche.Â