Les cours du pétrole plongent lundi de 5%, tandis que les Bourses asiatiques se sont envolées, dans des marchés soulagés par l’annonce d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
Chute du pétrole, les yeux sur Ormuz
Vers 06H45 GMT lundi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, référence du marché mondial, lâchait 4,50% à 83,40 dollars. Celui du WTI, référence américaine, perdait 5,11% à 80,54 dollars.
Washington et Téhéran sont parvenus à un accord pour mettre fin “de façon immédiate et permanente” à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris le Liban, a annoncé lundi le médiateur pakistanais, ce que les Etats-Unis et l’Iran ont confirmé dans la foulée.
“L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé”, a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social quelques minutes après l’annonce pakistanaise, affirmant “la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage”.
La circulation dans ce passage stratégique, par où transite d’ordinaire un cinquième du pétrole brut mondial, était largement paralysée depuis le début du conflit fin février, ce qui a entraîné une flambée des cours de l’or noir.
“C’est le genre de nouvelle qui ne passe pas inaperçue à l’ouverture des marchés: cela ouvre la voie à une prise de risque (sur les cours), aussi fragile que puisse s’avérer cette déclaration en fin de compte”, a commenté Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
“Les marchés ont avant tout retenu une chose : la +prime de risque+ liée à Ormuz est en train d’être réévaluée”, explique-t-il, tout en prévenant qu’un retour à la normale dépendra du déminage dans le détroit et de la confiance dans la sécurité maritime.
“Avant le conflit, environ 140 navires transitaient chaque jour par le détroit. Le trafic s’est amélioré mais reste bien en deçà de la normale. Une véritable réouverture aurait donc un impact immédiat: elle réduirait l’incertitude pour les transporteurs, apaiserait les marchés de l’assurance (…) et permettrait de commencer à réduire la +prime de risque+ liée au conflit”, avait déjà estimé M. Innes dimanche.
La prudence pourrait néanmoins se réinviter sur les marchés, dans l’attente d’éclaircissements.
“Si l’annonce de cet accord constitue assurément une bonne nouvelle pour l’économie mondiale et pour l’Asie”, très dépendante des hydrocarbures du Golfe, “sa pérennité et sa viabilité dépendront, entre autres, des détails des conditions négociées, qui n’ont pas encore été dévoilés”, avertit Michael Wan, analyste de la banque MUFG.
Euphorie des Bourses, Tokyo gagne 5%
Les marchés boursiers se sont envolés en Asie dans la foulée de l’accord Iran/Etats-Unis, les investisseurs se montrant soulagés par la perspective d’un reflux durable des prix énergétiques alors que le récent sursaut de l’inflation plombait le climat économique.
A la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei a terminé la séance de lundi sur une envolée de 4,99%, à 69.317,50 points, et l’indice élargi Topix a gagné 3,03% à 3.999 points.
A Séoul, l’indice star Kospi a flambé en clôture de 5,20%, à 8.545 points. La Bourse de Sydney a progressé de 1,25% et celle de Taipei de 2,78%. L’indice hongkongais Hang Seng montait de 0,41% vers 06H45 GMT.
L’annonce de l’accord “devrait rassurer les marchés (…) l’apaisement des craintes liées à la hausse des coûts (sur fond d’inflation énergétique) devrait favoriser les achats sur un large éventail d’actions”, ont commenté les analystes de Tokai Tokyo Intelligence.
Dollar stable, l’or se renforce
La monnaie américaine se stabilisait vers 06H45 GMT, après avoir légèrement pâti du regain d’appétit des investisseurs pour les actifs jugés plus risqués.
Le billet vert cédait 0,07% face à la devise japonaise à 160,14 yens pour un dollar.
L’or, de son côté, reprenait des couleurs (+2,09%) à 4.307 dollars l’once.
publié le 15 juin à 09h00, AFP
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