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Gustavo de Arístegui: Geopolitical Analysis of March 27

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  1. Brève introduction
  2. Le soutien populaire à la guerre s’amenuise aux États-Unis
  3. Le Japon, sur la corde raide entre Washington et Téhéran
  4. L’Iran transforme le détroit d’Ormuz en « poste de péage »
  5. Trump repousse la date limite pour attaquer les centrales électriques iraniennes au 6 avril
  6. Les marchés financiers s’effondrent face à l’incertitude de la guerre
  7. Le CIO interdit aux femmes transgenres de concourir dans la catégorie féminine
  8. Rack de médias
  9. Éditorial

Brève introduction

La guerre au Proche-Orient entre dans son vingt-septième jour avec une dynamique de négociation profondément ambiguë, marquée par des messages contradictoires émanant autant de Washington que de Téhéran.

Le président Trump a prolongé pour la deuxième fois — désormais jusqu'au lundi 6 avril — son ultimatum visant à ne pas attaquer les installations énergétiques iraniennes, affirmant que les discussions « se passent très bien », tandis que Téhéran nie simultanément l'existence de toute négociation et transforme le détroit d'Ormuz en un péage lucratif prélevé en yuans. Les marchés financiers, qui ne tolèrent pas l'incertitude, ont réagi par leur plus forte chute depuis le début du conflit : le S&P 500 a perdu 1,74 % et le NASDAQ environ 2,4 %.

Le soutien populaire à la guerre s’amenuise aux États-Unis, le Japon exécute son habituel numéro d’équilibriste entre la loyauté atlantique et ses propres intérêts stratégiques, et le Comité international olympique a pris une décision historique — et salutaire — concernant la catégorie féminine dans le sport de haut niveau. Six actualités qui, prises dans leur ensemble, dessinent un monde où la clarté stratégique se fait aussi rare que le prix du pétrole grimpe.

Faits

Le dernier sondage du Pew Research Center, réalisé entre le 16 et le 22 mars 2026 auprès d'un échantillon de 3 524 adultes américains, révèle que 59 % des personnes interrogées considèrent que la décision d'attaquer militairement l'Iran était une erreur, contre 38 % qui la soutiennent. Quarante-cinq pour cent estiment que l’opération ne se déroule pas bien, tandis que seuls vingt-cinq pour cent la jugent réussie. Le fossé entre les partis est abyssal : 90 % des démocrates désapprouvent la gestion de Trump, contre 69 % des républicains qui la soutiennent.

Le sondage Emerson de mi-mars fait état de 47 % d'opposition contre 40 % de soutien. Le sondage Economist/YouGov est encore plus sévère : seuls 33 % soutiennent la guerre, tandis que 56 % s'y opposent, et 61 % privilégient la fin du conflit « le plus tôt possible » plutôt que la réalisation de tous les objectifs déclarés. Un chiffre particulièrement inquiétant pour l'aile modérée du Parti républicain est que seuls 52 % des indépendants de tendance républicaine approuvent la gestion du conflit, contre 45 % qui la désapprouvent.

Implications

L'usure politique interne exerce une pression considérable sur l'administration Trump, d'autant plus que les élections législatives de mi-mandat approchent. Le discours officiel selon lequel la victoire est déjà acquise — « d'une certaine manière, nous avons déjà gagné », a déclaré Trump lui-même lors de son interview avec Fox News — se heurte de front à une opinion publique qui perçoit une guerre sans objectifs clairs, avec des coûts économiques tangibles à la pompe, et avec treize victimes militaires américaines déjà confirmées. Les indépendants, véritable pierre de touche de tout résultat électoral aux États-Unis, s'éloignent de la position présidentielle à un rythme qui devrait inquiéter les stratèges républicains. L’absence d’un plan solide pour l’après-guerre — la grande lacune de toute cette opération — devient une arme politique de premier ordre pour l’opposition démocrate, qui n’a jusqu’à présent pas imposé de vote sur les pouvoirs de guerre au Congrès, mais garde cette possibilité en réserve.

Perspectives et scénarios

La tendance indique une pression croissante sur Trump pour qu'il accélère tout accord négocié, même s'il est sous-optimal, avant que le coût politique ne devienne insoutenable. Le scénario le plus probable est que l'administration intensifie son discours de réussite — même si les faits sur le terrain le contredisent — tout en cherchant une « issue d'honneur » qui lui permette de présenter un accord quelconque comme une victoire décisive. Le scénario alternatif — une escalade militaire visant à forcer l'ouverture du détroit avant que l'usure politique ne devienne irréversible — ne peut être écarté, mais il serait risqué à tous les niveaux : militaire, juridique, économique et diplomatique.

Gustavo de Arístegui: Geopolitical Analysis of March 27
Donald Trump, Melania Trump, JD Vance, Susie Wiles, la procureure générale des États-Unis Pam Bondi et Steve Witkoff participent à une cérémonie de remise des dépouilles de six militaires de l’armée américaine appartenant au 103e Commandement de soutien, décédés au Koweït – REUTERS/KEVIN LAMARQUE

Le Japon, sur la corde raide entre Washington et Téhéran

Faits

Le Japon, qui importe plus de 90 % de son pétrole brut du Moyen-Orient, est confronté à la pire crise énergétique depuis des décennies. Depuis le début des hostilités le 28 février, le gouvernement japonais a libéré 80 millions de barils de ses réserves stratégiques — soit l'équivalent de 45 jours de consommation nationale — dans le cadre de l'opération coordonnée par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) portant sur 400 millions de barils au total. La Première ministre Sanae Takaichi a rencontré Trump le 19 mars à la Maison Blanche, où elle a déclaré qu'elle pensait que « vous seul, Donald, pouvez instaurer la paix dans le monde », tout en refusant d'engager des navires des Forces d'autodéfense maritimes dans la zone active du conflit, invoquant les contraintes juridiques découlant de l'article 9 de la Constitution japonaise.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, après avoir rencontré son homologue japonais, a exhorté Tokyo à « s'opposer fermement » à Washington et à Tel-Aviv. Le RSIS de Singapour a publié le 18 mars une analyse intitulée « Japan's Balancing Act in the Iran War » (L’équilibre du Japon dans la guerre en Iran) — soulignant les dilemmes stratégiques de Tokyo, tandis que le CSIS de Washington détaillait avec précision la situation énergétique japonaise : deux cent cinquante-quatre jours de réserves nationales, cent jours de réserves privées obligatoires et quatre millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) stockées.

Implications

Le dilemme japonais illustre avec une clarté cristalline le risque d'une guerre sans planification diplomatique préalable suffisante : les alliés des États-Unis se voient contraints de prendre position dans un conflit qu'ils n'ont pas sollicité, avec des coûts énergétiques et économiques qu'ils assument, et sous la menace voilée de Trump selon laquelle les pays qui « ne contribuent pas » ne méritent pas la protection américaine. Le RSIS prévient que le conflit annonce « des dilemmes plus profonds pour le Japon alors qu'il tente de concilier sa loyauté envers l'alliance et son indépendance diplomatique ». Le CSIS souligne que la guerre accélère le débat interne japonais sur l'énergie nucléaire — le Japon compte quinze réacteurs en service, dont trois prêts à être redémarrés — et sur la dépendance énergétique structurelle vis-à-vis du golfe Persique. L’instabilité monétaire — le yen a chuté à son plus bas niveau en vingt mois, le ministre des Finances mettant en garde contre une éventuelle intervention — ajoute une pression économique intérieure que la Première ministre Takaichi ne peut ignorer.

Perspectives et scénarios

Tokyo poursuivra sa politique de « calculated ambiguity » (ambiguïté calculée) : soutenir Washington sur le plan rhétorique tout en évitant tout engagement militaire direct. La possibilité que Takaichi autorise le déploiement de dragueurs de mines dans la région constitue une ligne rouge politique et constitutionnelle dont le franchissement ouvrirait un débat interne aux conséquences imprévisibles. Le véritable levier du Japon réside dans sa capacité à coordonner la gestion des réserves de pétrole en Asie de l'Est et dans son utilité en tant qu'intermédiaire discret auprès de Téhéran, grâce à des relations diplomatiques entretenues avec soin depuis des décennies. Comme le souligne le Japan Times, le Japon apparaît en outre comme un « pilier de la sécurité énergétique » (energy security anchor) dans l'Indo-Pacifique, tandis que Washington continue de garder les yeux rivés sur le Golfe.

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La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi – PHOTO/ EUGENE HOSHIKO

L’Iran transforme le détroit d’Ormuz en « poste de péage »

Faits

L’oligarchie djihadiste de Téhéran a transformé le détroit d’Ormuz en ce que Lloyd’s List Intelligence — la grande autorité en matière de renseignement maritime — appelle un « Tehran Toll Booth » (péage de Téhéran) : l’Iran perçoit des droits pouvant atteindre deux millions de dollars par navire pour autoriser le transit dans ses eaux territoriales, les paiements devant être effectués en yuans chinois. Selon les données de Lloyd’s List confirmées par Bloomberg, entre dix et vingt navires ont déjà transité par ce couloir depuis la mi-mars, ce qui représente entre dix et vingt pour cent de l’ensemble du trafic dans le détroit depuis le début de la guerre.

Le Parlement iranien est en train d’adopter une législation visant à officialiser ces tarifs de manière permanente. Le 26 mars, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a annoncé que les navires de cinq pays — la Chine, la Russie, l’Inde, l’Irak et le Pakistan — pourraient transiter librement. Le même jour, Israël a annoncé l'élimination du contre-amiral Alireza Tangsiri, commandant de la marine des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et responsable direct des opérations de blocus du détroit, ainsi que du chef des renseignements navals, le contre-amiral Behnam Rezaei. L'Iran n'a pas immédiatement confirmé ces pertes.

Implications

Ce que l’Iran a découvert — comme le souligne brillamment l’analyse de Foreign Policy —, c’est que le détroit d’Ormuz est sa « véritable option nucléaire », moins coûteuse, plus immédiate et plus dévastatrice que n’importe quel engin atomique. L’oligarchie djihadiste a transformé son contrôle asymétrique du corridor maritime le plus stratégique de la planète en une source de revenus, en un instrument de pression diplomatique — en sélectionnant qui peut passer et qui ne le peut pas — et en une démonstration de souveraineté de facto sur les eaux internationales qui viole de manière flagrante le droit de la mer. Le paiement en yuans n'est pas un détail mineur : c'est une déclaration stratégique qui vise le système du dollar et un clin d'Å“il délibéré à Pékin. L’élimination de Tangsiri, quant à elle, devra démontrer si elle affecte réellement la capacité opérationnelle du CGRI — qui a passé quarante ans à décentraliser ses commandements précisément pour résister à ce type d’éliminations sélectives — ou s’il s’agit, comme tant d’autres fois, d’un coup symbolique à l’impact tactique limité.

Perspectives et scénarios

Le scénario le plus inquiétant, souligné avec précision par le FDD, est que le « péage » devienne le nouvel état permanent du détroit, même après un éventuel cessez-le-feu : un Iran militairement affaibli aura toutes les raisons rationnelles de conserver cet instrument d'extorsion et de projection de puissance. Il est urgent que l'administration Trump — avec le soutien européen, jusqu'à présent brillant par son absence — élabore une stratégie pour la réouverture totale du détroit qui ne dépende pas uniquement de la volonté iranienne. La proposition de l'universitaire Richard Haass d'une politique « ouverte à tous ou fermée à tous » (Open for All or Closed to All), qui établirait une ligne défensive dans le golfe d'Oman pour empêcher les navires iraniens d'atteindre leurs destinations finales jusqu'à ce que Téhéran rouvre sans condition le détroit, mérite une attention urgente.

Petroleros frente a la costa de Fujairah, mientras Irán promete disparar contra los barcos que transiten por el estrecho de Ormuz, en medio del conflicto entre Estados Unidos e Israel con Irán, en Fujairah, Emiratos Ãrabes Unidos - REUTERS/ AMR ALFIKY
Des pétroliers au large des côtes de Fujaïrah, alors que l’Iran menace de tirer sur les navires transitant par le détroit d’Ormuz, dans le contexte du conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, à Fujaïrah, aux Émirats arabes unis – REUTERS/ AMR ALFIKY

Trump repousse la date limite pour attaquer les centrales électriques iraniennes au 6 avril

Faits

Le président Trump a publié jeudi 26 mars sur sa plateforme Truth Social un message dans lequel il déclarait repousser « la période de destruction des centrales électriques » jusqu'au lundi 6 avril à 20 h, heure de l'Est, « à la demande du gouvernement iranien ». Il s’agit de la deuxième prolongation depuis que, samedi 22 mars, il a menacé de « raser » les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz dans les quarante-huit heures. La première prolongation, de cinq jours, avait été accordée lundi 23 « à la suite de discussions très bonnes et productives » que l’Iran a nié avoir eues.

Lors de la réunion du cabinet jeudi, l'envoyé spécial Steve Witkoff a confirmé que les États-Unis avaient remis à l'Iran — par l'intermédiaire du Pakistan — un plan de paix en quinze points, et que le Pakistan, l'Égypte et la Turquie s'étaient en outre proposés comme médiateurs. Trump a précisé dans une interview accordée à Fox News que l'Iran avait demandé un délai d'une semaine, mais qu'il avait accordé dix jours « parce qu'ils m'ont donné des navires » — en référence aux dix pétroliers que, selon Trump, l'Iran a autorisés à transiter par le détroit en guise de « cadeau ». L'Iran a publiquement rejeté la proposition américaine et a présenté sa propre contre-proposition en cinq points, qui inclut la reconnaissance de la « souveraineté iranienne sur le détroit d'Ormuz » — une condition inacceptable pour n'importe quelle administration américaine. L'émissaire Witkoff a reconnu devant le cabinet que l'Iran avait « rejeté à plusieurs reprises tout ce que nous avons demandé » lors des négociations.

Implications

La deuxième prolongation confirme que l'ultimatum de Trump concernant les centrales électriques présente toutes les caractéristiques de ce que l'on appelle en stratégie de négociation un « signal de remise » : une menace qui se répète sans être mise à exécution perd de son effet dissuasif de manière exponentielle à chaque nouvelle prolongation. L'oligarchie djihadiste de Téhéran a parfaitement compris ce mécanisme et l'exploite habilement. En refusant toute négociation directe tout en admettant — par l'intermédiaire de médiateurs — qu'elle « examine » la proposition américaine, Téhéran maintient la pression sur le marché pétrolier, légitime sa position auprès de l'opinion publique nationale et oblige Washington à dévoiler son jeu.

La condition iranienne de reconnaissance de sa souveraineté sur le détroit est, bien sûr, inacceptable, mais son inclusion sert à relever la barre de tout accord et à gagner du temps. La menace d'attaquer des centrales électriques civiles soulève, en outre, une objection juridique et morale sérieuse : des experts internationaux en droit humanitaire ont souligné que cela constituerait un crime de guerre au regard des Conventions de Genève, ce que l'administration sait très bien et qui réduit structurellement la crédibilité de l'ultimatum.

Perspectives et scénarios

Le scénario le plus probable avant le 6 avril est une troisième prolongation ou, à défaut, une escalade contrôlée et chirurgicale visant à regagner une crédibilité dissuasive sans toucher aux infrastructures civiles — par exemple, une attaque plus intense contre les installations du CGRI ou contre les infrastructures de minage du détroit. La participation de la Turquie en tant que médiateur est stratégiquement importante, mais elle introduit les intérêts propres d’Ankara dans l’équation — une variable que Rubio et Witkoff devraient gérer avec une extrême prudence. Quoi qu’il en soit, le 6 avril est la prochaine date de tension maximale, et les marchés l’ont déjà anticipée.

Donald Trump, presidente de Estados Unidos, plantea un plan de 15 puntos para finalizar la guerra de Irán - PHOTO/REUTERS/EVAN VUCCI
Donald Trump, président des États-Unis, présente un plan en 15 points pour mettre fin à la guerre en Iran – PHOTO/REUTERS/EVAN VUCCI

Les marchés financiers s’effondrent face à l’incertitude de la guerre

Faits

Jeudi 26 mars, les principaux indices boursiers américains ont enregistré leur plus forte baisse depuis le début du conflit iranien : le S&P 500 a chuté de 1,74 % — sa plus forte perte quotidienne depuis début 2026 —, tandis que le NASDAQ a perdu environ 2,4 %. Les marchés asiatiques ont également chuté en début de séance. Le Brent s’est négocié autour de 107 dollars le baril — après avoir brièvement frôlé les 108 dollars —, bien qu’il se soit légèrement stabilisé après l’annonce de la prolongation décidée par Trump. Le Brent enregistre en mars sa plus forte hausse mensuelle de l’histoire récente du marché pétrolier, après avoir atteint 126 dollars au plus fort du conflit depuis le 28 février. L’Iran maintient hors circulation environ huit millions de barils par jour, ce que l’OCDE — qui a maintenu ses prévisions de croissance mondiale à environ 2,9 % pour 2026, mais a revu à la baisse ses perspectives pour l’Europe — considère déjà comme un facteur de risque systémique. Le prix de l’essence avoisine les neuf dollars le gallon en Californie.

Implications

La volatilité financière est l’expression la plus crue du coût réel d’une guerre mal planifiée. Les marchés anticipent avec une précision chirurgicale ce que la rhétorique officielle tente de dissimuler : l’absence d’une stratégie de sortie crédible et les messages contradictoires entre Trump et les négociateurs iraniens génèrent une prime de risque géopolitique qui pénalise l’ensemble de l’économie mondiale. Le prix de l’essence — le baromètre politique le plus immédiat pour le citoyen américain moyen — est à la fois le coût le plus visible et l’argument le plus puissant de ceux qui, au Congrès, exigent une sortie négociée urgente. L’Europe, qui n’a pas envoyé un seul navire dans le Golfe, subit les conséquences énergétiques sans avoir eu son mot à dire dans la décision initiale : l’OCDE a déjà revu à la baisse ses perspectives pour le continent, et le choc du GNL — pour lequel l’Asie se livre à une concurrence féroce — touche particulièrement les pays du sud de l’Europe.

Perspectives et scénarios

Tant que le détroit d'Ormuz restera sous contrôle iranien de facto, les marchés de l'énergie maintiendront une prime de risque structurelle qui ne s'atténuera pas avec de simples paroles. Une réouverture négociée avant le 6 avril entraînerait un rebond immédiat et considérable sur les marchés ; une nouvelle escalade pousserait le Brent vers les 120, voire les 130 dollars. L’Europe, que le secrétaire Rubio a sévèrement critiquée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Vaux-de-Cernay — « la guerre en Ukraine n’est pas la guerre de l’Amérique, mais nous contribuons plus que quiconque » —, paierait le prix le plus élevé en termes relatifs si le conflit se prolonge.

Una pantalla muestra los índices bursátiles de la Bolsa de Valores de Nueva York (NYSE) en la ciudad de Nueva York, EE.UU., el 3 de abril de 2025 - REUTERS/ BRENDAN McDERMID
Un écran affiche les indices boursiers de la Bourse de New York (NYSE) à New York, aux États-Unis, le 3 avril 2025 – REUTERS/BRENDAN McDERMID

Le CIO interdit aux femmes transgenres de concourir dans la catégorie féminine

Faits

Le jeudi 26 mars, le Comité international olympique (CIO) a annoncé depuis Lausanne une nouvelle politique d'éligibilité pour la catégorie féminine aux Jeux olympiques, qui entrera en vigueur à partir des Jeux de Los Angeles de 2028. La règle stipule que la participation à toute épreuve féminine est réservée aux femmes biologiques, déterminées par un test génétique unique dans la vie de l'athlète : le test du gène SRY (région déterminante du sexe Y), qui détecte le début du développement sexuel masculin in utero. La présidente du CIO, Kirsty Coventry, a déclaré que « cette décision protège l’équité, la sécurité et l’intégrité » du sport féminin, ajoutant qu’« il est absolument clair qu’il ne serait pas juste que des hommes biologiques concourent dans la catégorie féminine ».

Cette politique n’est pas rétroactive et n’affecte pas le sport récréatif ni le sport de base. Plusieurs fédérations internationales — parmi lesquelles World Athletics, la fédération internationale de ski et celle de boxe — avaient déjà adopté ce même critère auparavant. La décision est le fruit d’une révision entamée en septembre 2024 et a donné lieu à des consultations avec des spécialistes en sciences du sport, en endocrinologie, en médecine de genre, en éthique et en droit. Le test est réalisé à partir d'un échantillon de salive, d'un frottis buccal ou d'un prélèvement sanguin, et est valable à vie sauf en cas d'indices d'erreur dans le résultat.

Implications

La décision du CIO revêt une importance historique qui dépasse le cadre sportif : elle marque la consécration formelle, par la plus haute instance olympique de la planète, du principe selon lequel la biologie du sexe est une donnée objective et irréductible à l'identité de genre subjective aux fins de la compétition sportive de haut niveau. La présidente Coventry a raison de dire que les différences de performance liées au développement sexuel masculin affectent objectivement toutes les disciplines qui dépendent de la force, de la puissance et de l’endurance. La tentative de certains groupes de pression de présenter cette règle comme un « recul de trente ans en matière d'égalité des femmes » est, au mieux, une confusion conceptuelle et, au pire, une manipulation politique : protéger la catégorie féminine, c'est protéger les femmes, et non les attaquer. Le CIO prend soin de souligner que les athlètes dont le test SRY est positif peuvent continuer à concourir dans la catégorie masculine, dans des catégories ouvertes ou mixtes, et dans tout autre format pour lequel elles remplissent les conditions requises.

Perspectives et scénarios

La décision du CIO va susciter un débat juridique et militant intense au cours des deux prochaines années, avant Los Angeles 2028. Certaines fédérations nationales — notamment en Europe occidentale et dans le milieu anglo-saxon progressiste — pourraient tenter de la contester. Il est toutefois plus probable que la règle s’impose : le précédent créé par World Athletics, la tendance législative aux États-Unis et au Royaume-Uni, ainsi que les preuves scientifiques accablantes concernant l’avantage de performance associé au développement masculin vont tous dans le même sens. Le CIO a agi, pour une fois, avec le courage que la défense du sport féminin exigeait.

The Economist

Publie une analyse sur le « soutien vacillant » (wavering support) à la guerre aux États-Unis, citant l'effondrement du soutien parmi les indépendants et le pessimisme croissant quant aux objectifs du conflit. Il analyse également le « numéro d’équilibriste » du Japon face à la guerre, soulignant la tension entre la dépendance énergétique vis-à-vis du Golfe et la loyauté atlantique.

Reuters

Rapporte la deuxième prolongation accordée par Trump concernant les centrales électriques iraniennes jusqu’au 6 avril, détaillant le rôle du Pakistan en tant qu’intermédiaire et le cadre en quinze points présenté par Witkoff.

Financial Times

Analyse la manière dont l'Iran « tire profit » (cashing in) du détroit d'Ormuz, transformant son contrôle asymétrique du corridor en une source de revenus et un levier diplomatique de premier ordre.

Bloomberg

Fait état de la prolongation du délai accordée par Trump et explique en détail le mécanisme de blocage iranien du détroit, avec des données actualisées sur le trafic maritime. Confirme le mécanisme du « péage » avec des données de Lloyd’s List.

CNBC

Détaille l’évolution des marchés financiers — S&P 500 à moins 1,74 %, Brent à 108 dollars — et rapporte la déclaration de Trump au cabinet concernant les « dix pétroliers » que l’Iran a laissés passer en guise de « cadeau » aux États-Unis.

Axios

Révèle que la proposition américaine en quinze points a été transmise via le Pakistan et que la Turquie, l’Égypte et le Pakistan se sont proposés comme médiateurs. Une source proche des négociations indique que l’Iran « cherche une issue honorable » mais que « le principal problème a été la méfiance et le soupçon iranien que les États-Unis les trompent à nouveau ».

CBS News

Relate les déclarations du secrétaire d'État Marco Rubio critiquant sévèrement l'OTAN pour son inaction face au blocus du détroit, ainsi que les informations des services de renseignement britanniques sur la « main cachée de Poutine » dans l'effort de guerre iranien — formation et renseignements fournis par la Russie à l'Iran avant le début de la guerre.

Al Jazeera

Couvre en détail l’annonce iranienne d’une ouverture sélective du détroit aux navires de cinq pays, moyennant un paiement en yuans, et critique la proposition américaine d’attaquer des installations civiles, qualifiant cela de crime de guerre potentiel au regard du droit international humanitaire.

Foreign Policy

Publie une analyse approfondie intitulée « Controlling the Strait of Hormuz is Iran’s Real Nuclear Option » (Contrôler le détroit d’Ormuz est la véritable option nucléaire de l’Iran), arguant que le contrôle du détroit constitue pour le régime une arme moins coûteuse et plus dévastatrice que la bombe atomique, et que cette leçon perdurera bien au-delà de tout cessez-le-feu.

CSIS (Center for Strategic and International Studies)

Publie une analyse exhaustive des implications de la crise iranienne pour le Japon, détaillant les réserves stratégiques, les pressions de l’alliance et le débat sur l’énergie nucléaire. Recommande que Washington collabore avec Tokyo pour faire du Japon un « pilier de la sécurité énergétique » en Asie de l’Est.

RSIS — S. Rajaratnam School of International Studies (Singapour)

Publie « Japan’s Balancing Act in the Iran War » (L’équilibre du Japon dans la guerre en Iran), analysant le dilemme de Tokyo entre loyauté atlantique et indépendance diplomatique, et avertissant que le conflit laisse entrevoir des « dilemmes plus profonds » pour la politique étrangère japonaise.

FDD — Foundation for Defense of Democracies

Analyse le « péage de Téhéran » et propose des sanctions contre les intermédiaires financiers chinois qui traitent les paiements en yuans comme contre-mesure urgente, tout en soutenant la proposition « Open for All or Closed to All » (Ouvert à tous ou fermé à tous).

CFR — Council on Foreign Relations

Publie une analyse de la chercheuse Sheila A. Smith sur le dilemme de la Première ministre Takaichi à Washington, soulignant les contraintes constitutionnelles japonaises et le risque que l’alliance Washington-Tokyo soit confrontée à « l’une des crises les plus graves de son histoire ».

Pew Research Center

Publie le sondage le plus large sur l’opinion publique américaine face à la guerre — 3 524 adultes, réalisé entre le 16 et le 22 mars — : 59 % considèrent que l’attaque contre l’Iran était une mauvaise décision.

NPR / PBS News / Marist Poll

On enregistre 56 % d’opposition à l’action militaire américaine, avec seulement 36 % approuvant la gestion de Trump et 59 % des indépendants désapprouvant sa gestion du conflit.

Time / CNN / Washington Post / NPR

Ils couvrent largement la décision du CIO concernant les femmes transgenres, les réactions des groupes de défense des droits humains et des militants, ainsi que les implications pour les Jeux olympiques de Los Angeles de 2028.

Japan Times

Publie le 26 mars une analyse sur la manière dont la guerre en Iran redéfinit le rôle du Japon dans la sécurité de la région indo-pacifique et la question de Taïwan, le Japon apparaissant comme un « pont » entre la sécurité euro-atlantique et la région indo-pacifique.

Irish Times

Il offre la couverture la plus complète et la plus à jour du conflit, incluant l’information selon laquelle l’OTAN a été critiquée par Trump pour « ne rien faire du tout », le décompte des victimes — plus de 1 900 en Iran, plus de 1 100 au Liban, 18 en Israël et 13 militaires américains — et l’interception par les Émirats arabes unis de 15 missiles balistiques et 11 drones le jeudi 26 mars.

Éditorial

Il y a des guerres qui se gagnent sur le champ de bataille et des guerres qui se perdent à la table des négociations avant même que la poussière ne retombe. L'opération Epic Fury est en cours depuis vingt-sept jours et les signes d'une victoire à la Pyrrhus se profilent à chaque nouvelle prolongation, à chaque ultimatum édulcoré, à chaque message contradictoire émanant simultanément de la Maison Blanche et de l'ambassade iranienne à Genève. Trump a raison de dire que l'oligarchie djihadiste de Téhéran constitue une menace existentielle pour la stabilité du Moyen-Orient et pour l'ordre international qui a garanti la paix relative de ces dernières décennies. Il a tort — ou du moins l'a été jusqu'à présent — dans la mise en œuvre d'une stratégie qui semble avoir été conçue avec la sérénité tactique d'un tweet et la profondeur stratégique d'un samedi après-midi.

Le « poste de péage » iranien dans le détroit d'Ormuz est la démonstration la plus éloquente que l'oligarchie djihadiste de Téhéran a appris quelque chose que Washington a mis trop de temps à comprendre : on ne conquiert pas la mer uniquement avec des missiles et des bombardiers. Quarante ans passés à préparer la domination asymétrique du corridor maritime le plus vital de la planète ont donné naissance à une arme qui, comme le souligne avec justesse l'analyse de Foreign Policy, est « moins coûteuse, plus rapide et, à bien des égards, plus dévastatrice que la bombe atomique ». Le paiement en yuans n'est pas un caprice financier : c'est une déclaration stratégique qui vise directement le cœur du système du dollar et un clin d'œil délibéré à Pékin. Le fait que le Parlement iranien légifère pour officialiser définitivement ces tarifs devrait sonner l'alarme au Département d'État et au Pentagone — et dans le même temps, la Banque mondiale a annoncé un soutien financier accéléré aux pays clients les plus touchés par l'impact énergétique de la guerre, ce qui indique que la communauté internationale part déjà du principe que ce conflit ne sera pas résolu en quelques jours.

Le comportement de l'opinion publique américaine ne devrait surprendre personne ayant étudié l'histoire des interventions militaires des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Le sondage Pew est accablant : cinquante-neuf pour cent des citoyens considèrent que la décision d'attaquer est une erreur, quarante-cinq pour cent estiment que l'opération ne se déroule pas bien, et il existe un fossé parmi les indépendants que Trump ne peut se permettre de perdre à l'approche des élections législatives de novembre. Le « rally around the flag » (ralliement autour du drapeau) qui suit généralement le début de tout conflit s'est évaporé à une vitesse inhabituelle, et la raison est aussi simple que douloureuse : les Américains voient le prix de l'essence grimper sans relâche, ne voient pas clairement les objectifs de la guerre, et comptent treize victimes militaires que personne n'a su leur expliquer de manière convaincante avant que la première bombe ne tombe le 28 février. Ce n'est pas de l'antipatriotisme ; c'est la réaction naturelle d'un peuple que personne n'a consulté avant de déclencher une guerre sans plan crédible pour la gagner ni, surtout, pour la gérer une fois gagnée.

Le Japon nous enseigne quelque chose d'important au milieu de tout ce tumulte : que même l'allié le plus loyal, le plus discipliné, le plus disposé à se plier aux exigences de Washington — à l'exception des Européens eux-mêmes dans leurs meilleurs moments — a ses propres limites constitutionnelles, ses propres priorités énergétiques et ses propres canaux de communication avec Téhéran qui peuvent s'avérer précieux si on les laisse fonctionner. La Première ministre Takaichi a agi avec plus de bon sens que ne le laissaient supposer ses déclarations publiques dans le Bureau ovale — « vous seul, Donald, pouvez instaurer la paix dans le monde ». Elle a préservé l'alliance sans engager les troupes japonaises dans un conflit que le droit international japonais ne lui permet pas de mener, elle a maintenu ouverte la voie diplomatique avec l'Iran et a contribué concrètement, grâce à ses réserves de pétrole, à la stabilisation du marché énergétique mondial. C'est exactement ce qu'un allié avisé doit faire dans ces circonstances.

La classe politique européenne, en revanche, continue de briller par son absence avec la constance de ceux qui ont fait de l'irrélevance stratégique leur marque de fabrique. Marco Rubio, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Vaux-de-Cernay, n'a pas exagéré lorsqu'il a critiqué l'OTAN pour n'avoir envoyé pas un seul navire dans le Golfe : « L'Ukraine n'est pas la guerre de l'Amérique, mais nous y contribuons plus que quiconque », a-t-il déclaré. L’Europe subit le choc énergétique — l’OCDE a déjà revu à la baisse ses perspectives pour le continent —, mais l’Europe n’a pas apporté le moindre rivet d’acier à la protection des voies d’approvisionnement énergétique dont dépendent son industrie et son bien-être. Cette incapacité chronique à prendre au sérieux sa propre sécurité, sa propre défense et son propre destin est la honte stratégique permanente de l'Union européenne au XXIe siècle — un continent qui délègue à d'autres la protection de ses intérêts vitaux et se plaint ensuite lorsque ces autres prennent des décisions sans le consulter.

Enfin, une note de bon sens au milieu de tant de turbulences géopolitiques : la décision du CIO de restreindre la catégorie féminine aux femmes biologiques au moyen du test du gène SRY est juste, courageuse et nécessaire. La présidente Coventry a eu le courage de dire ce que les preuves scientifiques démontrent depuis des années — à savoir que le développement sexuel masculin confère des avantages de performance objectifs et irréductibles dans toutes les épreuves qui dépendent de la force, de la puissance et de l'endurance — et elle a agi en conséquence. Ceux qui présentent cette règle comme une atteinte aux droits des femmes commettent une erreur conceptuelle fondamentale qu'il convient de souligner sans ambages : protéger l'intégrité et l'équité de la compétition féminine, c'est, exactement et sans aucune ambiguïté, protéger les femmes. Le CIO a rappelé que le sport de haut niveau, avec son culte du millième de seconde et du millimètre, ne peut être un terrain d'expérimentation idéologique : c'est un espace où la biologie compte, où les règles doivent être les mêmes pour tous et où l'équité ne peut être sacrifiée sur l'autel d'aucun discours, aussi bien intentionné soit-il.