L'histoire se répète pour Christian Eriksen, footballeur
professionnel de l'équipe du Danemark. Le 12 juin 2021, il
s'écroulait en plein match. Près de 5 ans plus tard, ce terrible
évènement s'est reproduit lors d'un match amical. Pourtant, depuis
2021, le milieu de terrain continue de jouer avec un ICD
(Implantable Cardioverter Defibrillator), un implant mis sous la
peau chirurgicalement.
« Nous ne sommes pas étonnés. Je pense qu'il n'y a aucun
médecin spécialisé dans les arythmies du cœur et qui suivent les
patients avec des défibrillateurs, qui est surpris d'apprendre
qu'un patient a récidivé », confie le Pr Christophe Cavée,
responsable de l’unité de rythmologie de l'Institut
Cardiovasculaire des cliniques universitaires Saint-Luc, Ã
Bruxelles.
Si une récidive reste un phénomène relativement courant, il
soulève une interrogation majeure : un défibrillateur implantable
est-il compatible avec les exigences du football de haut niveau ?
Une question d'autant plus actuelle que Nabil Bentaleb, équipé d'un
tel dispositif, s'apprête à participer à la Coupe du monde 2026
avec l'Algérie.
Le repos d'un sportif peut aggraver la
situation
« Les registres actuels montrent qu'il est pire de mettre au
repos définitif un sportif que de les laisser continuer leur
profession. Nous avons aucune donnée qui montre qu'il n'était pas
raisonnable de laisser quelqu'un rester au haut niveau, tant qu'il
a bien été évalué », précise le Pr Christophe Cavée.Â
Plusieurs critères permettent d’autoriser la pratique sportive
intensive chez un porteur d’ICD : la stabilité de l’état cardiaque
du patient, l’absence de chocs électriques déclenchés à tort lors
des tests d’effort, et la certitude que l’activité physique
n’aggrave pas d’éventuelles maladies cardiaques sous-jacentes,
notamment celles d’origines génétiques.
Selon plusieurs recherches le sujet, le taux de défibrillation
chez les athlètes de haut niveau, dans le football ou non, est de
l’ordre de 3% par an. Cela montre que l'appareil n'est pas une
contre-indication en soit, d'autant plus que dans l'exemple du
football, mise à part l'Italie, les championnats de première
division acceptent qu'un joueur puisse jouer avec un
défibrillateur.Â
Différence entre pacemaker et
un ICDÂ
Il arrive que certaines personnes confondent le pacemaker et
l'ICD. Le premier est un système qui est composé d'une batterie
électronique connectée au cœur par une sonde, dont la
fonctionnalité est de lutter contre le cœur qui est trop lent
(bradycardie), notamment lorsque l’électricité intracardiaque est
affaiblie.Â
Le dispositif va alors remonter le rythme cardiaque du patient,
qui se situe entre 20 et 30 battements par minute (BPM) de manière
artificielle. Il est souvent préconisé pour un patient qui présente
des malaises ou des pertes de conscience régulière.
Concernant l'ICD, qui a un boitier un peu plus gros, il va
assurer les mêmes tâches que le pacemaker, mais avec une une
fonctionnalité significative en plus. En effet, il va, grâce à ce
qu'on appelle des condensateurs reliés au cœur, délivrer des chocs
électriques de hautes énergies (plusieurs centaines de
joules).
L'ICD va intervenir pour restaurer le rythme normal et réanimer
immédiatement les gens en cas d’arrêt cardiaque sous fibrillation
ventriculaire (quand le cœur ne se contracte plus du tout). C'est
d'ailleurs ce dispositif qui est le plus souvent installé chez les
joueurs de football ayant été victimes d'arrêt cardiaque.Â




