Le coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026 sera donné dans deux jours avec le match d'ouverture Mexique-Afrique du Sud. Mais à l'heure où les fans de ballon rond de la planète sont censés se retrouver pendant un mois pour célébrer la plus prestigieuse des compétitions internationales, les États-Unis ne sont clairement pas là pour plaisanter. Un an avant le début du tournoi, le pays de l'oncle Sam avait déjà fait sensation en publiant une liste de pays « blacklistés ». Des pays parmi lesquels figurent plusieurs nations… qualifiées pour ce Mondial 2026 telles qu'Haïti, l'Iran, le Sénégal ou encore la Côte d'Ivoire. Des dérogations ont été annoncées pour les équipes et leur staff, mais les supporters, eux, n'ont pas le droit d'aller soutenir leur pays s'ils n'étaient pas titulaires d'un visa en cours de validité avant le 1er janvier 2026.
L'Iran, la cible préférée
Une réalité qui tranche sévèrement avec le discours tenu par le président de la FIFA, Gianni Infantino, après la première Coupe du Monde des Clubs de l'histoire organisée au pays de l'oncle Sam. « Je pense qu'il est important de clarifier ce point. Il y a beaucoup d'idées fausses qui circulent. Tout le monde sera le bienvenu au Canada, au Mexique et aux États-Unis pour la Coupe du monde de la FIFA l'année prochaine. Il y a une procédure à suivre pour obtenir des visas, etc. Cette procédure se déroulera sans encombre. Nous voulons unir le monde et nous le ferons l'année prochaine. Le monde a besoin d'occasions de s'unir, de rassembler les équipes, de rassembler les gens, de rassembler les supporters… Donc, encore une fois, tout le monde sera le bienvenu. Restez positifs et vous verrez que ce sera une formidable, formidable célébration de la plus grande Coupe du Monde de la FIFA de tous les temps. »
Et depuis quelques jours, certaines mesures drastiques prises par les États-Unis confirment ce malaise ambiant autour des fameux visas. En conflit armé ouvert avec l'un des pays hôtes du Mondial, l'Iran l'a appris à ses dépens. Alors que la Team Melli est censée jouer deux matches de poules à Los Angeles (contre la Nouvelle-Zélande et la Belgique) et un à Seattle (face à l'Égypte), les Iraniens ont dû établir en urgence leur camp de base au Mexique, à Tijuana. Résultat : les joueurs seront contraints d'entrer et de quitter le territoire américain le jour même de leurs rencontres disputées aux États-Unis, en raison de restrictions de visas imposées par Washington. Pour « unir le monde », on a trouvé mieux comme méthode, surtout de la part de celui qui a reçu le fameux « prix de la Paix » de la FIFA en décembre dernier. Et le différend avec l'Iran n'est pas près d'être résolu. Al Jazeera relaie ce mardi un communiqué de la fédération iranienne selon lequel les États-Unis ont annulé l'attribution des billets destinés aux matchs de phase de groupes de son équipe (le règlement permet à chaque fédération participante d'obtenir 8% des places de la capacité totale du stade, ndlr).
Un arbitre expulsé sans raison
« À moins de trois jours du coup d'envoi de la Coupe du Monde 2026… les États-Unis ont une nouvelle fois pris des mesures pour empêcher la présence de supporters iraniens dans les stades accueillant les trois matches de phase de groupes de l'équipe nationale. Dans un revirement inattendu, le contingent de billets attribué à la Fédération iranienne de football a été retiré et, dans les circonstances actuelles, la fédération n'est pas en mesure de fournir ne serait-ce qu'un seul billet aux supporters de l'équipe nationale. C'est une décision contraire à l'esprit qui régit les compétitions internationales et au principe d'égalité entre les pays participants », a écrit la fédération iranienne, qui a appelé la FIFA et les organisateurs du tournoi « à respecter les principes de neutralité, d'équité et les règlements en vigueur, afin d'offrir les conditions nécessaires aux supporters iraniens ». Sera-t-elle écoutée ? Pas sûr, quand on voit que les États-Unis n'ont pas hésité à expulser l'arbitre somalien Omar Abdulkadir Artan. Considéré comme le meilleur arbitre d'Afrique en 2025, ce dernier devait se rendre à Miami, mais il a finalement dû quitter le sol américain, faute de visa.
Là encore, le procédé interpelle. La Somalie fait certes partie des nations « blacklistées » par le gouvernement Trump, mais comment un des officiels choisis par la FIFA peut-il être renvoyé dans son pays à quelques jours de la Coupe du Monde ? L'instance dirigeante du football mondial n'a, en tout cas, pas cherché à défendre l'arbitre et s'est vite rangée derrière le gouvernement de Trump. « La FIFA confirme que l'arbitre Omar Abdulkadir Artan ne pourra ni s'entraîner ni officier lors de la Coupe du Monde 2026, après s'être vu refuser l'entrée aux États-Unis. La FIFA n'intervient pas dans les procédures d'immigration du pays hôte, y compris dans l'octroi des visas, et a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne serait pas modifié pour le moment, est-il ajouté dans le communiqué. Conformément aux précédentes compétitions organisées par la FIFA, c'est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire ».
Sélections contrôlées sur le tarmac
Un sentiment d'injustice renforcé par le témoignage du principal concerné recueilli par le New York Times « Je suis extrêmement déçu. Je ne suis qu'un simple arbitre qui tente de réaliser son rêve, le plus grand rêve de ma vie : assister à la Coupe du Monde. J'avais tous les papiers en règle. J'avais le visa nécessaire », a déclaré Artan, qui a également précisé qu'il avait présenté des documents de la FIFA ainsi que des photos retraçant sa carrière d'arbitre professionnel, longue de plus de dix ans. Des éléments insuffisants aux yeux des autorités américaines. Et ce n'est pas tout puisque le journal new-yorkais ajoute que l'entretien de l'arbitre somalien avec les services d'immigration a duré 11 heures ! Tout avant ça d'être conduit dans une cellule de rétention séparée où il a été détenu pendant plusieurs heures avant d'être embarqué sur un vol à destination d'Istanbul, sans avoir reçu aucune explication quant au refus d'entrée.
Enfin, les méthodes de contrôle des douanes américaines ont fait jaser, selon RMC Sport. Joueurs et staff du Sénégal, futurs adversaires des Bleus, ont ainsi été contrôlés sur le tarmac en Caroline du Nord, dès leur descente d'avion, avant d'être passés aux détecteurs. Même traitement pour l'Ouzbékistan, qui a été contrôlé par des chiens renifleurs et des détecteurs de métaux à même la rue, dès la descente du bus. Cet été, les États-Unis accueillent le monde… mais à leur manière !
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