Au Liberia, cette décision est largement perçue comme une marque de confiance de Washington. Pour l’ancien ambassadeur libérien aux États-Unis, Jeremiah Sulunteh, elle traduit avant tout la solidité des relations entre les deux pays.
« Nous sommes très fiers de faire partie des pays retenus. Cette décision est célébrée au Liberia, car elle montre que les États-Unis ne nous ont pas oubliés. Malgré la guerre civile, nous avons tourné la page du conflit et nous sommes aujourd’hui en mesure d’offrir un environnement propice au traitement de ces dossiers. C’est une véritable source de fierté pour le Liberia », assure le diplomate.
Rapprochement diplomatique
Pour le politologue Abdullah Kiatamba, ce choix américain s’explique aussi par le rapprochement diplomatique entre Monrovia et Washington depuis l’arrivée au pouvoir du président Joseph Boakai. Selon lui, les progrès réalisés dans la sécurisation du système de passeports ont également contribué à renforcer la confiance américaine.
« Les choses ont beaucoup changé. L’équipe diplomatique actuelle a permis de restaurer la confiance avec les partenaires internationaux, notamment les États-Unis. Sous George Weah, la première sanction américaine visant le Liberia concernait les passeports. Le système présentait alors de graves failles. Aujourd’hui, Washington salue les progrès réalisés. Pour moi, cette décision reflète l’amélioration des relations entre les deux pays », explique l’expert.
Au-delà de la portée diplomatique, les autorités libériennes espèrent aussi des retombées économiques. L’arrivée de demandeurs de visas venus d’autres pays de la région pourrait bénéficier aux hôtels, aux compagnies de transport et aux commerces de la capitale, Monrovia.
Contactée par RFI, la ministre libérienne des Affaires étrangères, Sara Beysolow Nyanti, souligne qu'il ne s'agit pas de la création d'un nouveau centre de visas, mais d'une désignation accordée au Liberia dans le cadre d'un dispositif américain plus large. Elle précise également que les premiers demandeurs de visa devront encore patienter, Washington n'ayant pas encore donné son feu vert au lancement effectif du dispositif.
Parmi les autres plateformes régionales retenues par les autorités américaines figurent notamment le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Ghana, le Kenya, le Nigeria ou encore le Rwanda.



