Home United States Aux États-Unis, lépargne s'effondre à des niveaux historiques

Aux États-Unis, lépargne s'effondre à des niveaux historiques

27
0
Il faut remonter à 2022 et à la guerre en Ukraine ou avant la crise des subprimes en 2008 pour observer des taux d'épargne aussi faibles. De quoi faire craindre une baisse de la consommation et un ralentissement de l'économie américaine.

Le taux de chômage est bas, les créations d'emplois sont encore dynamiques, et pourtant… Aux États-Unis, le revenu disponible des Américains est, lui, à la baisse. Autrement dit, les salaires n'augmentent pas aussi vite que l'inflation. Le revenu réel a ainsi perdu 0,6 % cette année, d'après une note de Goldman Sachs publiée dimanche, rapporte Fortune. Ce qui est « rarement observé hors récession ».

Dans ce contexte, le bas de laine des Américains commence à se tarir. Le taux d'épargne a chuté à 2,6 % en avril, après 3,2 % le mois précédent. Une situation qui montre à quel point le pouvoir d'achat des Américains est sous pression. Il faut remonter à avril 2022 pour retrouver des taux aussi bas, une période où l'économie mondiale était affectée par la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l'énergie. Ou encore juste avant la crise de 2008. Outre ces deux moments, le taux d'épargne n'a pas atteint de tels abîmes depuis les années 1960. Une situation attribuable en grande partie aux droits de douane qui ont augmenté les prix et à la guerre au Moyen-Orient qui a fait s'envoler ceux de l'énergie et du pétrole.

« L’effet positif des importants remboursements d’impôt sur les flux de trésorerie est sur le point de s’estomper, et les effets négatifs de la hausse des prix de l’essence, du ralentissement de la croissance des salaires nominaux et de la réduction des subventions aux soins de santé devraient persister », avance Goldman Sachs dans une note publiée en mai.

Une économie en forme de K

Si les effets des remboursements d'impôts se tarissent et que l'épargne diminue, la consommation américaine risque, elle, d'en prendre un coup. Et comme la croissance outre-Atlantique dépend en grande partie de la consommation, Goldman Sachs anticipe un ralentissement. « Nos prévisions de base anticipent une croissance inférieure à la tendance au cours des prochains trimestres, principalement en raison de la faiblesse du revenu disponible réel et des flux de trésorerie réels des consommateurs », indique l'auteur Jan Hatzius.

Faut-il dès lors craindre une récession ? Goldman Sachs a en tout cas abaissé la probabilité d'une récession dans les 12 mois de 30 à 25 %. Une estimation qui reste néanmoins au-dessus du niveau d’avant la guerre en Ukraine.

A LIRE AUSSI

Emploi : la Fed désigne le coupable inattendu du chômage des jeunes diplômés américains

D'après Grégory Daco, économiste chez EY, la croissance américaine dépend désormais de consommateurs très riches, des investissements dans l'intelligence artificielle et des actifs financiers. « Ces piliers masquent le fait que les fondations de l’économie sont de plus en plus instables », argumente-t-il.

Newsletter

L'Alerte La Tribune

Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Aux États-Unis, lépargne s'effondre à des niveaux historiques

Une situation qui revient à penser l'économie en forme de K, un concept mis en avant par divers économistes ces derniers mois. C'est une économie « à deux vitesses » avec d'un côté des consommateurs à revenus élevés, qui s'enrichissent toujours plus, et, de l'autre, des consommateurs qui s'appauvrissent davantage. Les plus pauvres consacrent une part plus importante de leur revenu à l'alimentation et aux prix de l'énergie. Par ailleurs, les plus riches voient leur patrimoine financier s'accroître grâce à leurs investissements sur les marchés qui battent des records ces derniers mois avec le développement de l'IA.

A LIRE AUSSI

« Absurde », « prétexte », « injustifié »… Bruxelles hausse le ton face à la nouvelle offensive douanière de Trump

Face à la montée incessante du coût de la vie, jusqu'à quand les consommateurs américains peuvent-ils tenir ? Élu sur des promesses en grande partie économiques, Donald Trump devra en tout cas faire face à ses électeurs lors des élections de mi-mandat de novembre qui détermineront la majorité au Congrès.