Home Sport Roland-Garros. Kouame, Parry, Monfils… Ce quil faut retenir du tournoi des Bleus

Roland-Garros. Kouame, Parry, Monfils… Ce quil faut retenir du tournoi des Bleus

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Il y a des bilans qui tiennent ni du désastre, ni de l'emballement. Celui du tennis français à Roland-Garros appartient à cette zone grise, un peu frustrante, où l'on cherche les raisons d'espérer au milieu d'un constat encore trop maigre. Une dernière représentante sortie dès les huitièmes et cette impression tenace que les Tricolores ont encore besoin d'un exploit pour vraiment exister Porte d'Auteuil.

En deuxième semaine, Diane Parry a porté seule le dernier drapeau tricolore. Une embellie presque isolée, dans un tableau féminin où seules deux Françaises ont atteint le deuxième tour, le plus mauvais bilan tricolore depuis 1981. Son huitième de finale, le premier de sa carrière en Grand Chelem, ne fera pas oublier sa sortie sèche contre la Polonaise Maja Chwalinska, mais il dit quelque chose de son évolution. À 23 ans, la Parisienne a signé une victoire référence face à Amanda Anisimova (6e mondiale), avant de buter sur plus solide qu'elle.

Un paradoxe tricolore

Ancien 10e joueur mondial, Arnaud Clément résumait bien ce paradoxe : « La promesse de l'avenir pointe peut-être un peu plus du côté du tennis masculin en France. Mais c'est quand même le tennis féminin qui performe le mieux à Roland-Garros. » Le présent s'est encore écrit au féminin, un an après l'épopée Loïs Boisson, cette fois trop courte après une saison perturbée. Mais l'une des plus fortes promesses est venue du tableau masculin.

Elle s'appelle Moïse Kouamé. À 17 ans, le Francilien a quitté Roland-Garros au troisième tour, battu par Alejandro Tabilo, mais avec bien plus qu'un simple résultat. Devenu le plus jeune joueur à atteindre le troisième tour d'un Grand Chelem depuis Rafael Nadal en 2003, il a donné au public français ce que cette quinzaine lui a trop rarement offert : une pépite à suivre autant qu'un frisson immédiat.

Mais son émergence ne suffit pas à masquer les manques du moment. Derrière Kouamé, Quentin Halys a lui aussi atteint le troisième tour avant de rendre les armes face à Alexander Zverev. Le forfait d'Arthur Fils a laissé un vide immense, qu'Ugo Humbert n'a pas pu combler. Gaël Monfils, lui, a ajouté à cette quinzaine une note d'émotion pour son dernier Roland-Garros, sans en changer le bilan sportif.

Ivan Ljubicic, directeur du haut niveau à la Fédération française de tennis, n'a pas cherché à maquiller la réalité : « Un pays comme la France ne mérite pas ça », a-t-il lâché, tout en assurant ne pas être inquiet pour l'avenir du tennis français. C'est peut-être tout le résumé de cette quinzaine : un présent encore trop brouillon, mais quelques promesses assez fortes pour éviter de réduire ce tournoi à un simple constat d'échec.