Ces dernières semaines, Washington a fait monter la pression sur Cuba à un niveau jamais atteint, si ce n'est lors de la « crise des missiles » de 1962. Le 17 mai, sans craindre le ridicule en renversant cyniquement les rôles d'agresseurs et d'agressés, les États-Unis ont laissé entendre que La Havane se préparait à l'attaquer, avec des centaines de drones militaires fournis par la Russie et l'Iran…
Le 20 mai, après la diffusion d'une allocution vidéo du secrétaire d'État, Marco Rubio, prétendant tendre la main à une population cubaine pourtant étouffée par son blocus impérial, la justice états-unienne a inculpé l'ex-président cubain Raul Castro (2008-2018), laissant craindre une intervention armée, comme celle qui s'était soldée par la séquestration du président vénézuélien, Nicolas Maduro, en janvier.
Déstabilisation et logique de changement de régime
Le prétexte ? Avoir fait abattre, en 1996, et alors que Raul Castro était ministre des Forces armées, des avions pilotés par des citoyens américains présentés comme menant des actions « humanitaires » à Cuba. Derrière ce paravent, une organisation anticastriste – Frères à la rescousse – fondée par un vétéran de la baie des Cochons et collaborateur notoire de la CIA, le terroriste José Basulto.
« Il s'agit d'une manœuvre politique, dépourvue de tout fondement juridique, qui ne vise qu'à gonfler le dossier qu'ils sont en train de monter pour justifier la grave erreur que constituerait une agression militaire », a répondu sur X le président cubain, Miguel Diaz-Canel.
Si Donald Trump a, par la suite, assuré qu'une « escalade » n'était pas nécessaire, son ministre de la Justice, Todd Blanche, a déclaré s'attendre à ce que le frère de Fidel finisse ses jours en prison aux États-Unis. Quant à Rubio, il a répété le lendemain que son gouvernement était « déterminé » à imposer un changement politique dans l'île. Une chose est sûre : par la force ou la ruse, Trump et sa clique feront tout pour éteindre le symbole historique de la résistance à l'impérialisme états-unien en Amérique latine.
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