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Roland-Garros 2026 : Je savais à quoi mattendre… Moïse Kouame, des records de précocité pour un espoir à la maturité déjà affirmée

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Le Français de 17 ans est devenu, mardi, le plus jeune vainqueur tricolore porte d’Auteuil depuis Thierry Tulasne en 1980.


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Roland-Garros 2026 : Je savais à quoi mattendre… Moïse Kouame, des records de précocité pour un espoir à la maturité déjà affirmée

Le Français Moïse Kouame, 17 ans, lors de sa victoire au premier tour des Internationaux de France de tennis face au Croate Marin Cilic, sur le court Simonne-Mathieu, à Roland-Garros, le 26 mai 2026. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Il n’a pas le permis et n’a même jamais pris d’heures de conduite. Mais, à 17 ans, il a fait une entrée fracassante dans la cour des grands. Le Français Moïse Kouame, 318e mondial et invité pour la première fois dans le tableau principal d’un tournoi du Grand Chelem, n’a nourri aucun complexe face au Croate Marin Cilic (45e), expédié en trois petits sets (7-6 [7-4], 6-2, 6-1), lundi 26 mai, au 1er tour du tournoi. “Je jouais contre un champion en Grand Chelem, donc cela m’a un peu détendu”, a-t-il expliqué après son succès.

Cette victoire face à l’ancien vainqueur de l’US Open a beau relever de l’exploit, elle ne sort pas de nulle part pour le natif de Sarcelles (Val-d’Oise). 833e joueur mondial le 1er janvier dernier, il a grappillé plus de 500 places en cinq mois pour pointer, aujourd’hui, au 318e rang du classement ATP. Il sera aux portes du top 250 (252e) à l’issue de Roland-Garros, et même bien plus haut s’il réussit à franchir un tour supplémentaire.

Cette progression fulgurante, Moïse Kouame la doit notamment à un mois de janvier remarquable qui l’a vu remporter coup sur coup les tournois ITF [le troisième échelon du circuit professionnel après les ATP et les Challenger] d’Hazebrouck et de Bressuire. “Je tiens à dédier cette victoire à Richard Gasquet, qui a été un coach exceptionnel pour moi tout au long de cette semaine, avait-il déclaré à l’issue du premier de ses deux succès. Cette victoire est aussi la sienne.”

Depuis le début de la saison, la pépite française est en effet accompagnée par le Biterrois, avec lequel il partage une similitude forte : celle de la précocité. Plus jeune vainqueur d’un match en Masters 1000 depuis Rafael Nadal, mi-mars, à Miami, le Français trace, depuis, les premières lignes d’un parcours qui rappelle allègrement celui de l’ancien Mousquetaire, vainqueur de son premier match en Masters 1000 à 15 ans et 10 mois, en 2002, à Monte-Carlo.

Pour autant, pas question pour lui de jouer au jeu de la comparaison. “Je n’ai pas envie de ressasser le passé de Richard, expliquait-il après sa victoire, mardi, en conférence de presse. Il a son passé, j’ai mon présent…” Et quand on lui demande s’il évoque avec “Richie” l’attention médiatique dont il fait l’objet, comme Gasquet vingt-quatre ans plus tôt, le jeune prodige botte en touche : “Aujourd’hui, j’ai une structure qui me permet de gagner des matchs, c’est ça le plus important.”

Le tennis, rien que le tennis. Moïse Kouame préfère parler sur le terrain. Sur le Simonne-Mathieu, lundi matin, il a impressionné par sa fraîcheur physique et sa solidité mentale, à toute épreuve dans une arène tout acquise à sa cause. Des aspects travaillés et retravaillés à l’entraînement, et déjà mis à l’épreuve cette année, au gré d’importants tournois pour lesquels il a bénéficié d’une invitation. “Miami et Monte-Carlo m’ont beaucoup aidé à gérer une situation comme celle-ci. Les qualifications l’année dernière à Roland-Garros, aussi…”

C’est le recto de la médaille de cette précocité. En étant si fort si jeune, et donc si médiatisé, le Sarcellois se voit ouvrir les portes des plus beaux tournois, invité par des organisateurs qui parient sur l’avenir. Un amoncellement d’expériences qui compte, une fois sur le court. “Je savais à quoi m’attendre en termes d’atmosphère sur le terrain”, a-t-il précisé après la rencontre.

Une statistique illustre cette maturité nouvelle : s’il n’avait encore jamais battu un joueur du top 250 avant cette année, il en a déjà accroché huit à son tableau de chasse, le tout en moins de six mois. Perfectionniste et déterminé, Kouame est donc en droit de rêver plus grand qu’un deuxième tour pour ses premiers Internationaux de France, lui qui a fait savoir qu’il s’était entraîné dur pour tenir la distance sur cinq sets.

Au deuxième tour, justement, il affrontera le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo (68e), un terrien pur jus qui a profité de l’abandon de Cameron Norrie (7-6 [9-7], 2-0, ab.), tête de série numéro 20. Une chance, là encore, pour lui, d’engranger de l’expérience pour mieux appréhender le futur… et continuer à enchaîner les records.