La fin de semaine aura servi d'échauffement. Jeudi soir, à la veille de Lens-Nice, finale de la Coupe de France, le quai de Valmy avait déjà donné le ton. Une centaine de hooligans niçois, certains venus de Lille, de Nancy ou de Sarrebruck, ont convergé vers le canal Saint-Martin pour en découdre avec une quarantaine de Parisiens issus des anciens Karsud, des Indépendants Virage Auteuil et des Maudits 2000, trois groupes exclus du Parc des Princes de longue date. Le bar L'Atmosphère a été pris d'assaut. Bilan : six blessés dont un homme placé en réanimation pour traumatisme crânien, et 65 gardes à vue. La rencontre avait pourtant été classée niveau 3 sur 5 par la division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), qui anticipait l'embuscade.
Deux semaines plus tôt, la nuit du 6 au 7 mai avait offert un avant-goût encore plus net de ce qui attend la capitale. La qualification du PSG en finale, après le match nul à Munich, a déclenché un déferlement immédiat : tirs de mortiers aux abords du Parc des Princes, camion de CRS pris pour cible au Trocadéro, voiture renversée place de la Concorde avec son conducteur encore à bord. Cent vingt-sept interpellations et 23 policiers blessés. Reste le souvenir, plus lourd encore, de la finale de mai 2025. Malgré les 5 400 policiers et gendarmes déployés à l'échelle nationale, la victoire 5-0 face à l'Inter avait fait basculer la fête dans le chaos : 559 interpellations dont 491 à Paris, 692 incendies dont 264 véhicules, plus d'une vingtaine de policiers blessés et deux civils morts, l'un à Paris et l'autre à Dax.
Pour autant, ces violences ne sauraient être confondues avec celles d'authentiques supporters du club parisien. « Aucun n'a été identifié parmi les 127 interpellés de la demi-finale », fait valoir une source au sein du club. Depuis le plan Leproux de 2010, instauré après la mort d'un supporter aux abords du Parc, la doctrine est constante : tolérance zéro et sanctions individuelles immédiates. Les actes de violence entre supporters et agressions ont chuté de 96 % entre 2009-2010 et 2023-2024. Une centaine de sanctions sont prononcées chaque saison depuis 2021, de six mois à deux ans d'interdiction de stade. Le club s'appuie sur près de 300 caméras et déploie jusqu'à 1 300 agents les soirs de match. Le Collectif Ultra Paris – qui agglomère les différentes associations de supporters – est lié au club par une convention annuelle unique en France qui fixe droits, obligations et sanctions.
À Melun, un individu a été interpellé avec 480 mortiers
Sept groupes en 2018, quatre aujourd'hui : le tri opéré par la direction de la sûreté a réduit le périmètre toléré en tribune Auteuil. Les groupes problématiques sont exclus en bloc. La « Tribune 411 » a été écartée après les affrontements de Charléty en décembre 2021. L'un des groupes des « Parias », après les incidents d'Angers cette saison, a également été exclu malgré la demi-finale de Ligue des champions. « Une fermeté que d'autres formations françaises ne pratiquent pas avec la même rigueur », fait-on valoir au sein du Paris Saint-Germain. Les anciens Karsud, eux, sont bannis depuis plus de vingt ans et n'ont jamais été réintégrés. « Ces individus n'ont plus accès au stade et ne se déplacent que pour la violence », résume un cadre du PSG.
Mais les hooligans n'ont pas le monopole de la violence. Et si le Parc des Princes a tout d'un sanctuaire, ses abords, comme le reste de la capitale, risquent d'être le théâtre de nombreux affrontements. Les forces de l'ordre sont sur le qui-vive. D'après nos informations, la police ratisse les parties communes de plusieurs villes de banlieue, à la recherche de mortiers d'artifice. À Melun, un individu a été interpellé avec 480 mortiers qu'il s'apprêtait à revendre pour la finale.
Pour anticiper les débordements, des rappels massifs, sur la base du volontariat, ont lieu au sein de la police, avec un certain engouement. « Chez nous, ils refusent les nouvelles demandes. Beaucoup de collègues ont répondu à l'appel », glisse le membre d'une compagnie de sécurité et d'intervention (CSI) francilienne. Contactée, la préfecture de police de Paris assure mettre en place un important dispositif de sécurisation « adapté et affiné » à l'événement, couplé à une opération de lutte contre la délinquance s'étendant à « l'ensemble du réseau de transports en commun et aux lieux habituels de rassemblement ». Plusieurs milliers de policiers et gendarmes, donc, déployés pour un match se déroulant à 1 500 kilomètres de Paris.







