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Football : un destin comparable aux Girondins, le Real Saragosse, monument du foot espagnol tout proche de la D3

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L'équipe de la capitale aragonaise a perdu dimanche à la maison 3-1, face au Sporting Gijon, cher à Luis Enrique. Comme elle s'était…

L'équipe de la capitale aragonaise a perdu dimanche à la maison 3-1, face au Sporting Gijon, cher à Luis Enrique. Comme elle s'était inclinée contre Valladalolid, Grenade et Huesca. Ce dernier match avait été émaillé d'un pétage de plombs du gardien Esteban Andrada, ulcéré par un carton rouge. Le portier avait décoché un violent coup de poing à un adversaire.

L'image a fait le tour du monde des réseaux sociaux et démontre que la tension autour du club a fini par dévorer le vestiaire. Début mai, des tags étaient relevés sur le centre d'entraînement et les maisons des joueurs. « Rien ne justifie l'intimidation ou l'incitation à la violence », avait alors réagi la direction, vilipendée depuis des mois.

Le divorce est consommé avec les supporters qui accusent les dirigeants d'incompétence, désintérêt pour la ville et méconnaissance de l'histoire du club. Depuis 2022, le club est contrôlé par un consortium dont l'actionnaire majoritaire, Pablo Jiménez de Parga, est également secrétaire du conseil d'administration de l'Atlético de Madrid. Le président lensois Joseph Oughourlian apparaît lui aussi au capital. Dimanche, contre Gijon, une pluie de billets à l'effigie du président Jorge Mas Santos est venue matérialiser une nouvelle fois ces critiques.

Football : un destin comparable aux Girondins, le Real Saragosse, monument du foot espagnol tout proche de la D3

Les billets à l'effigie du président Jorge Mas et les reproches des supporters à la direction : absence, proximité avec l'Atletico Madrid et manque de lien avec la ville de Saragosse.

Twitter / FPeñas Real Zaragoza

Vis ma vie de Girondins

Le chemin de croix a commencé à la fin des années 2000 pour ce club historique du football espagnol, qui a plusieurs fois pris l'ascenseur entre la Liga et son antichambre, avant de durablement s'installer en deuxième division. La remontée a été entrevue, quelques fois, mais ne s'est jamais concrétisée, laissant les supporters à leur nostalgie des heures de gloire passées.

Le Real Saragosse a remporté six coupes du Roi, la dernière en 2004 avec le goleador David Villa à la pointe de l'attaque. Il a aussi gagné deux coupes continentales avec la Coupe d'Europe des villes de foire en 1964 et la Coupe des coupes en 1995, contre Arsenal. Une victoire rendue légendaire par un but zidanesque de 40 mètres marqué en toute fin de match.

Les Saragossiens pourraient valider leur ticket pour la troisième division, dimanche, s'il ne l'emporte pas à Las Palmas. Un scénario plutôt envisageable au regard de la cinquième place des Canariens toujours en lutte pour la montée.

Le cataclysme annoncé n'est pas sans rappeler le destin des Girondins de Bordeaux, avec lesquels le club aragonais partage quelques traits communs. Les ex-Bordelais Gustavo Poyet, Savio, ou plus récemment Gaëtan Poussin ont oeuvré pour les deux clubs. La descente aux enfers intervient après l'arrivée de financiers à la tête du club et elle n'est pas tout à fait éloignée du déménagement de l'équipe de son stade historique.

La Romerada est en effet en travaux afin d'espérer accueillir des matches de la Coupe du monde 2030. Le chantier à 148,5 millions d'euros doit s'achever l'année prochaine. La mairie et la députation d'Aragon ont confirmé que le chantier irait à son terme, même en cas de descente. Un stade de 43 000 places pour de la troisième division, c'est possible des deux côtés des Pyrénées.