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Les États-Unis n'ont pas abandonné leurs ambitions expansionnistes au Groenland

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Droit de veto sur les investissements, réouverture de bases militaires… En visite à Nuuk, l’émissaire de Donald Trump, Jeff Landry, a confirmé que les ambitions américaines sur ce territoire stratégique de l’Arctique restent intactes.


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Les États-Unis n'ont pas abandonné leurs ambitions expansionnistes au Groenland

Jeff Landry, l’émissaire de Donald Trump, à Nuuk, lors d’une visite au Groenland, le 20 mai 2026. (CHRISTIAN KLINDT SOELBECK / RITZAU SCANPIX / AFP)

L’émissaire de Donald Trump, Jeff Landry, a terminé sa visite au Groenland, mercredi 20 mai, par ces mots : Il est “temps d’y remettre notre empreinte”. La guerre contre l’Iran aurait pu faire croire que le président américain avait oublié le Groenland, qu’il avait renoncé à mettre la main sur ce territoire arctique du bout du monde et ses gisements de terres rares. Ce n’est pas le cas, le dossier est en haut de la pile.

Dimanche, Jeff Landry, gouverneur de Louisiane et émissaire de la Maison Blanche, s’est invité, sans prévenir, à Nuuk, la capitale. Son programme ? “Se faire le plus d’amis possible”. Ça n’a pas très bien commencé. D’abord, aucun officiel groenlandais n’a jugé utile de venir l’accueillir. Ensuite, il fait un petit saut à l’hôtel pour se changer, dont il ressort en pantalon motif camouflage. Une tenue qui a été abondamment commentée et très peu appréciée. Le même jour, près d’une école, l’élu trumpiste a distribué à tour de bras les casquettes rouges “Make america great again”. Face au manque d’enthousiasme général, il a promis aux enfants qui viendraient le voir aux États-Unis “tous les biscuits aux pépites de chocolat qu’ils voudraient”. D’où ce commentaire agacé du Premier ministre : “On ne nous achète pas avec des cookies”.

Malgré ces faux pas, ou ces provocations, des rencontres officielles ont bien eu lieu et les Groenlandais se sont rendu compte que les ambitions américaines n’avaient pas changé. La toute petite différence, c’est que les États-Unis ne parlent plus d’annexion pure et simple. Mais leur projet revient à une mise sous tutelle de ce territoire, aujourd’hui sous administration danoise.

Selon le New York Times, Washington réclame, par exemple, un droit de veto sur tous les investissements importants, notamment ceux liés à l’exploitation des minerais. L’administration Trump, qui est en train de rouvrir ses anciennes bases militaires, entend garder des troupes sur place, sans limite de temps, même si le Groenland devient indépendant. Ce serait une question “de sécurité nationale”. Le territoire ne doit pas tomber entre les mains de la Chine ou de la Russie. Voilà donc tout ce que veut dire Jeff Landry quand il déclare que son pays doit renforcer sa présence au Groenland.

Jeff Landry a d’ailleurs profité de son passage pour inaugurer le nouveau consulat américain. Un bâtiment de verre et d’acier tellement imposant comparé à la petite maison de bois où il était installé jusqu’ici, que les Groenlandais le voient déjà comme le futur siège de l’administration américaine, le jour où ils n’auront plus leur mot à dire sur leurs propres affaires. “Le Groenland a besoin des États-Unis”, a dit l’émissaire mercredi soir avant de remonter dans son avion. Il va devoir convaincre.

Il va devoir également rassurer ses alliés européens qui voient d’un mauvais Å“il cette redistribution militaire. L’administration Trump se renforce au Groenland, mais elle retire 5 000 soldats américains d’Allemagne et renonce au déploiement d’un contingent en Pologne. Alors que les pays du flanc Est de l’OTAN sont face à la menace russe. Le prochain sommet de l’alliance atlantique, en juin en Turquie, sera l’occasion d’une grande d’explication.