Home World Putin in Beijing, three days after Trump: the “strong men” club

Putin in Beijing, three days after Trump: the “strong men” club

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Quelle autre capitale au monde peut se vanter d'accueillir à quelques jours d'intervalle les dirigeants de deux grandes puissances que sont Vladimir Poutine et Donald Trump ? La Chine en tire une certaine fierté, et fait la démonstration à sa population et au monde de sa centralité retrouvée, de la puissance du pays et bien sûr de son dirigeant, Xi Jinping.Il faut dire que les deux visiteurs successifs, l'Américain et le Russe, sont embourbés dans des guerres catastrophiques, tandis que leur hôte chinois se présente comme la superpuissance montante, pôle de stabilité dans un monde en grand désordre. La réalité est évidemment plus complexe, mais il ne déplaît pas aux dirigeants chinois que ce soit l'image projetée par cette séquence diplomatique.

La relation de la Chine avec la Russie de Poutine est d'une autre nature que celle, empreinte de rivalité, avec les États-Unis, quel qu'en soit le président. C'est rien de moins que la 25ᵉ visite en Chine de Vladimir Poutine, le 40ᵉ sommet Xi-Poutine. On les a vus faire des crêpes au caviar ensemble, et même discuter des moyens de vivre jusqu'à 150 ans. Mais c'est la relation politique russo-chinoise qui marque la principale différence avec celle que l'un et l'autre entretiennent avec Donald Trump.En 2023, Xi Jinping avait dit à Vladimir Poutine, lors d'une conversation devant les caméras, que le monde traversait des changements que l'on n'avait pas vus depuis 100 ans. « Et c'est nous qui les conduisons, vous et moi », avait-il ajouté, aussitôt approuvé par Poutine.La réalité est moins glorieuse. Trois ans plus tard, la Russie est toujours incapable de gagner sa guerre en Ukraine, Moscou et Pékin ont assisté sans bouger à la capture d'un allié, le président vénézuelien Nicolas Maduro, et ils sont impuissants à porter secours à Cuba, le prochain sur la liste de Donald Trump.Mais la Chine et la Russie restent étroitement liées, ce n'est pas une alliance mais officiellement une « amitié sans limites » – jusqu'au jour où il y en aura, mais ce jour n'est pas encore arrivé. Emmanuel Macron qui espérait voir Xi Jinping faire pression sur Poutine à propos de l'Ukraine, comme Donald Trump qui lui a demandé d'aider en Iran, en sont pour leurs frais.

Il y a un enjeu précis à cette nouvelle visite, c'est l'énergie. Pour la Chine, la Russie est un coffre-fort d'hydrocarbures à sa porte – en ces temps d'incertitude énergétique, c'est précieux.Il suffit de voir la délégation qui accompagne Poutine en Chine : tous les oligarques de l'énergie sont du voyage. Un second gazoduc de 7 000 km reliant la Russie à la Chine via la Mongolie, le Power of Siberia 2, est envisagé, qui permettra de livrer 50 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires par an. Il est en discussion depuis des années, mais la négociation semble près du but.Cette relation énergétique renforcée rend improbable tout éloignement entre les deux pays, sauf circonstances inattendues. Vladimir Poutine et Xi Jinping ont un intérêt commun à cultiver des relations stabilisées avec les États-Unis, surtout avec un Donald Trump fasciné par le club des « hommes forts », des autoritaires. Mais il n'est pas un des leurs, trop imprévisible, soumis à des influences contraires. Une seule certitude, le jeu diplomatique entre ces trois hommes ne fera pas cesser rapidement les guerres qui ravagent le monde.