ENTRETIEN – Les élites européennes et les peuples ont intériorisé le discours des « nouveaux prédateurs », selon lequel notre continent serait sorti de l'Histoire, analyse le géopolitologue dans son nouveau livre.
François Heisbourg est conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique et a présidé l'International Institute for Strategic Studies de Londres et le Centre politique de sécurité de Genève. Il publie L'Europe face aux prédateurs : forger la nouvelle puissance (Éditions Odile Jacob).
LE FIGARO. – Après l'Ukraine, la guerre en Iran, avec son excroissance à Ormuz, est-elle un nouvel accélérateur de la confrontation entre le monde des autocrates et celui des démocraties ? Renforce-t-elle – pour l'instant – les « prédateurs » du camp antioccidental et antieuropéen ?
FRANÇOIS HEISBOURG. – L'Iran, pour l'instant, sort renforcé de cette guerre. C'est Téhéran qui impose son tempo, ce qui n'était pas prévu par les initiateurs du conflit, les États-Unis et Israël. Les Iraniens ont découvert que la fermeture du détroit d'Ormuz était non seulement facile à mettre en Å“uvre, mais extraordinairement lucrative en tant qu'outil stratégique. On assiste donc à une confrontation…



