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Psychotrauma also impacts the body

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-“On lui a fait beaucoup d'éducation sur le comportement de l'agresseur, tour à tour doux et gentil puis violent et agressif.”– “Oui, mais elle reste très ambivalente. Son corps a changé, elle ne peut plus faire de sport à cause des séquelles physiques. Après le trauma, qui je suis, c'est compliqué pour elle.”Le docteur Leroy, responsable de l'hôpital de jour REPII, échange avec Adéline Serez, une infirmière, au sujet d'une patiente.“Le traumatisme agit sur le psychisme, mais se manifeste aussi par des réactions psychocorporelles”, résume l'infirmière. “C'est pour cela qu'est travaillée l'approche par la psychomotricienne, parce qu'on peut, sur des endroits du corps qui ont été touchés par un acte de violence, de malveillance ou un accident, avoir des zones du corps qui sont hypoesthésiées, anesthésiées ou hyperestésiées et on va aller stimuler ces zones-là pendant les thérapies d'exposition” (lors d'une thérapie d'exposition, le patient est confronté à son traumatisme pour peu à peu, obtenir une désensibilisation).La psychomotricienne Alice Poirier reçoit une jeune femme en séance. “Cette patiente a subi des violences sexuelles quand elle était enfant, qui ont eu un impact sur son corps et donc, quand il y a des parties du corps qui sont sollicitées, il y a des symptômes intrusifs qui arrivent donc le but c'est de les désensibiliser”. La patiente doit stimuler différentes zones de son corps à l'aide de la balle, en se rapprochant peu à peu de la zone vaginale, à son rythme, en observant et en travaillant sur ses réactions. Lorsqu'elle sent un stress trop important, la psychomotricienne lui demande de se réancrer, de revenir dans la réalité, à l'aide de différentes techniques, par exemple en nommant cinq objets rouges dans la pièce, avant de poursuivre la séance.

Dans certains cas, les manifestations corporelles, mouvements, tremblements incontrôlés, arrivent au premier plan. En général, en deuxième semaine de cycle, les soignants demandent aux patients de réaliser des exercices et d'observer les manifestations dans leurs corps. Parfois aussi, ce sont les bruits ou les secousses (d'un train) qui “remettent en activation” les patients. Dans ce cas aussi, le travail peut être adapté pour désensibiliser les patients.Dans le cas d'un accident de voiture, les soignants peuvent par exemple faire bouger le fauteuil où est assis le patient ou bien mettre un poids sur sa poitrine à l'endroit où l'airbag s'est développé. “En cas d'agression physique avec strangulation, on va aussi faire des expositions in vivo, demander à la personne qu'elle se masse le cou avec de la crème progressivement, pour désensibiliser cette zone de son corps, et qu'elle enregistre qu'aujourd'hui, elle est en sécurité”.