Home Culture Two weeks as close as possible to the trauma

Two weeks as close as possible to the trauma

6
0
“On travaille beaucoup par imagination, j'aime bien fermer les yeux et je raconte les scènes au présent et à la première personne, en réfléchissant aux émotions, aux sensations, pour essayer de vraiment revivre au maximum le moment, mais sans oublier que je suis dans un lieu sécurisé, avec des gens qui sont là s'il y a besoin”, raconte Maxime. Un exercice très pénible, avoue-t-il. “Avec la psychomotricienne, on a travaillé en mêlant les sensations du corps à cette technique de l'imagination : pour moi, par exemple, comme il y a une sensation d'être écrasé et de ne pas pouvoir bouger, on a travaillé avec une couverture lestée”. Une mise en situation “qui rend les choses un peu plus intenses”, sourit le jeune homme, mais qui implique aussi, parallèlement*, “une reprise de contrôle “.Maxime est engagé dans le programme REPII depuis seulement trois jours et, s'il n'ose pas encore placer trop d'espoir en cette hospitalisation, il se dit curieux des effets de ces quinze jours intensifs sur ses symptômes. Le jeune homme fait des cauchemars, souffre d'insomnie, a des flashs incessants et a l'impression “de ne pas fonctionner”, explique-t-il. Or, les soignants l'assurent : l'évolution de l'état des patients est visible au fil des quinze jours de prise en charge. “On voit une transformation des patients, qui se remettent à sourire, qui se disent libérés d'un poids… Il y a toutes ces sensations corporelles et cette verbalisation des patients qui font que c'est dur, mais qu'on a vraiment des résultats”, se réjouit l'infirmière Adéline Serez.

On s'engage, on s'engage avec le patient “, résume Davina Nogé, infirmière qui confirme, en deux semaines l'importance des changements qui s'opèrent. “De voir l'évolution sur le plan thymique, de voir comment le patient évolue, de voir comment il s'ouvre à l'autre aussi, de le voir échanger, s'exprimer, et même prendre soin de lui sur le plan physique ça me marque beaucoup”. À entendre les soignants, il y a quelque chose de spectaculaire dans cette transformation. “C'est vrai qu'on voit comment ces patients quelque fois très repliés sur eux-mêmes commencent à s'ouvrir, à communiquer avec les autres patients et avec nous… et de voir comment nous, infirmiers, médecins, thérapeutes, on devient le média de ce bouleversement. On va peut-être devenir le premier tiers sécure par lequel va repasser la confiance, parce qu'on sait que le traumatisme altère la vision qu'ils ont d'eux-mêmes, des autres et du monde “, confie Adeline Serez.Très souvent les patients me disent : j'aimerais bien guérir pour être comme avant, or l'idée n'est pas d'effacer le traumatisme, mais qu'ils cessent de souffrir de leurs symptômes et qu'ils puissent reconstruire une vie satisfaisante après avoir été soignés “, observe Arnaud Leroy. L'hôpital de jour REPII s'inscrit résolument dans un parcours de soin. “On désensibilise, on fait de la psychoéducation et il y a une nette amélioration clinique “, explique Adeline Serez, “mais il y a des choses qui continuent à bouger au-delà de l'hospitalisation. Le mouvement qui a été mis en place ici continue dans les semaines qui suivent. Même s'il y a des rechutes, les outils qui ont été apportés pourront les aider et les patients connaissent le chemin pour aller mieux “.