Home Culture From Yalta to the Cold War: how to prepare for peace?

From Yalta to the Cold War: how to prepare for peace?

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Pour préparer la paix, les Etats doivent essayer de prédire l’avenir. Il faut aux Etats une certaine capacité d’anticipation et de planification. Cette capacité d’anticipation et de planification s’est dessinée dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis s’est institutionnalisée au moment de la fin de la guerre froide. Nous recevons Lelia Roche, sa thèse porte sur la manière dont les diplomates et intellectuels américains et ouest-européens ont cherché à anticiper et à planifier l'ordre international de l'après-Guerre froide entre 1985 et 1995.

Lélia Roche revient sur son travail de notes pour Verbatim des conférences de la Seconde Guerre mondiale. Elle explique avoir “lu les textes des verbatim en ajoutant des notes de bas de page à chaque mention d’un personnage, d’un lieu, d’un événement historique qui ne [lui] seemed not obvious to the reader in order to clarify the reading”. She especially emphasizes “the whole point of this annotation exercise”which consisted of “Be useful for the reader without weighing down the text and letting the text itself speak”.L'historienne souligne ensuite ce qui l'a frappée dans les conférences : alors même que “la guerre fait rage”, les Alliés cherchent déjà “à préparer la paix et à imaginer un nouvel ordre international qui garantisse la paix et la stabilité”. Plusieurs questions dominent les discussions : la question allemande, le sort des États libérés, ou encore “quelle organisation internationale […] created to replace this League of Nations which had failed to protect peace.

Interrogée sur les buts de chaque dirigeant à l’époque, Lélia Roche explique que Staline cherche avant tout “à protéger son empire” et à garantir que les États d'Europe de l'Est “constitueront une sorte de glacis protecteur en cas de futur conflit”. Face à cela, Churchill et Roosevelt partagent “les grands enjeux” de “reconstruction et de stabilité”, même si Churchill veut aussi que “l'État français redevienne une puissance à part entière en Europe” pour faire contrepoids à l'U.R.S.S. et à l'Allemagne.Quant à la dimension humaine des conférences, Lélia Roche remarque que “le côté un petit peu rugueux de Staline” surprend parfois Roosevelt, tandis que Churchill peut “rentrer en tension avec les Soviétiques”. Ce que Leila Roche juge “frappant” c’est leur “capacité à plutôt bien s'entendre, à plaisanter, à porter des toasts aux uns et aux autres”. Lélia Roche en tire une conclusion plus générale : “les grandes conférences internationales dans lesquelles tous les sujets sont discutés honnêtement et ouvertement par les chefs d'État”, malgré leurs limites, “peuvent néanmoins apporter une certaine forme de stabilité”.