Conflit au Moyen-Orient: Donald Trump menace d’anéantir l’Iran
Le premier ministre Mark Carney a invité les dirigeants impliqués dans le conflit iranien à peser leurs mots et agir avec prudence, sans mentionner spécifiquement le président Donald Trump et ses récentes déclarations incendiaires concernant une intervention militaire américaine.
M. Trump a prévenu mardi que “toute une civilisation disparaîtra ce soir, pour ne jamais renaître”, si aucun accord n’est conclu pour rouvrir le détroit d’Ormuz. La semaine dernière, il avait menacé de bombarder l’Iran jusqu’à le “renvoyer à l’âge de pierre”.
Interrogé sur les propos de M. Trump lors d’une conférence de presse mardi à Brampton, en Ontario, M. Carney a déclaré que toutes les parties à la guerre en Iran devaient respecter le droit international.
“C’est la responsabilité de tous les combattants, de tous les pays, dans ce conflit et dans n’importe quel conflit, de respecter les engagements internationaux – y compris d’éviter les attaques contre les civils et l’infrastructure civile”, a affirmé M. Carney, sans nommer spécifiquement M. Trump ou les États-Unis.
M. Carney a également réitéré sa position selon laquelle le régime iranien constitue une menace pour la sécurité mondiale, en réponse à une question lui demandant s’il regrettait d’avoir initialement soutenu la guerre.
Au début de la guerre, le premier ministre avait déclaré que le Canada soutenait les frappes afin d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Quelques jours plus tard, M. Carney a indiqué que ce soutien était fait “à regrets”, affirmant que le conflit représentait “un autre exemple de l’échec de l’ordre international”. Il a cité la tendance de l’Iran à ignorer les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et le fait que les États-Unis et Israël n’ont pas consulté leurs alliés avant de lancer les attaques.
“Le Canada a toutefois toujours fait une distinction – une distinction fondamentale, comme d’autres le font – entre ces objectifs et les obligations découlant du droit international, et le respect des droits de l’homme, d’autre part”, a affirmé M. Carney mardi.
D’autres dirigeants internationaux ont appelé à la retenue ces derniers jours, notamment le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a averti les États-Unis que les attaques contre les infrastructures civiles sont interdites par le droit international.
Certains politiciens canadiens ont critiqué le refus de M. Carney de commenter spécifiquement la rhétorique de M. Trump.
“Notre allié menace de commettre un génocide. À Davos, notre premier ministre a promis une cohérence fondée sur des principes. Où est la condamnation du Canada?”, a publié Don Davies, député néo-démocrate et ancien chef par intérim du parti, sur X.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a donné son “soutien sans équivoque” à l’appel à la retenue du premier ministre Carney.
“Je souligne notre indignation et notre inquiétude profondes face à la menace d’éradication de la civilisation iranienne, au mépris sans précédent du droit international, des droits de la personne et du sens des responsabilités qui doivent guider une démocratie qui est aussi la première puissance économique et militaire du monde”, a-t-il ajouté sur les réseaux sociaux.
M. Blanchet appelle par ailleurs le premier ministre à poser un geste diplomatique “très significatif”, en convoquant l’ambassadeur américain au Canada.
M. Trump a assuré lundi qu’il n’était “pas du tout” préoccupé par le fait de commettre des crimes de guerre alors qu’il continue de proférer des menaces de destruction. Il a également averti que toutes les centrales nucléaires du pays seraient “en feu, exploseraient et ne seraient plus jamais utilisées”.
– Avec des informations de l’Associated Press





